Le 19 avril 2002
Place aux arts
L’homme qui jongle avec les mots
Par : Mathieu Berger Editeur : Association de la presse francophone
L’humoriste belge Bruno Coppens joue avec les mots. Il les décortique, les mélange et les recolle pour en faire une nouvelle recette chaque fois qu’il crée un nouveau spectacle. Il présentera son petit dernier, Ma déclaration d’humour, au Théâtre du Nouvel-Ontario à Sudbury, les 26 et 27 avril prochain.
«J’ai l’impression qu’en bouleversant les mots et syllabes, je trouve une nouvelle façon de dire les choses. Je sors du nouveau jus», explique M. Coppens.
L’introduction de son livre, L’amour Que Je Vous Voue Nous Noue, qui contient le texte de son spectacle, illustre bien le genre d’humour qu’il pratique.
«Lorsque je me suis installé à mon conte, je savais que cela m’attirerait des histoires… Alors, j’ai attendu que s’abattent sur moi tous les mots de la terre. C’est alors que j’ai entendu, là-haut…la fille des voix aériennes, celle qui vole en haute aptitude… et vous permet de toucher vos premiers droits d’hauteur!»
M. Coppens raconte dans son spectacle l’histoire d’un homme qui attend un coup de fil de trois futures femmes de sa vie, comme l’a assuré l’agence matrimoniale avec laquelle il fait affaire. Son numéro débute alors qu’il a perdu son téléphone cellulaire et qu’il angoisse. Il constate donc qu’il est dépendant de l’appareil et qu’il a attrapé la «cellulite».
L’humoriste explique que son personnage déforme la langue française car il a une certaine difficulté à s’exprimer. «Il est un peu à côté de ses pompes. C’est une personne qui a un trouble du langage. Les mots sortent de travers», dit-il.
Ce spectacle traite de plusieurs thèmes universels, comme l’amour, la solitude et la communication. Comme bien d’autres avant lui, Bruno Coppens dit s’être inspiré un peu de sa vie pour écrire ses textes. «Ce sont des choses qui me suivent toute ma vie. J’ai l’impression de résoudre mes problèmes en les communiquant», croit-il.
Il a appris à bousculer les mots alors qu’il était enfant. Celui-ci raconte que ses grands frères faisaient beaucoup de jeux de mots et «à 15 ans, quand j’écrivais des lettres d’amour, je jouais aussi beaucoup avec les mots», dit-il.
Plusieurs le comparent maintenant à des grands de l’humour, tel que Marc Favreau (Sol) et Raymond Devos, deux hommes qui aimaient bien remanier à leur façon la langue française.
C’est en partie en voyant la performance de ces deux humoristes que Bruno Coppens a décidé de se lancer dans le métier. Avant cela, il ne déformait pas les mots, mais il les enseignait. Il était un professeur de français au niveau collégial.
Outre son arrêt à Sudbury, Bruno Coppens fait présentement la grande tournée du Québec où il visitera une vingtaine de villes jusqu’au 4 mai. Et les spectateurs québécois ne semblent pas être déçus jusqu’à maintenant. «Les gens embarquent avec moi car je traite de plusieurs thèmes universels», dit-il.
M. Coppens présente aux Québécois son spectacle Ma déclaration d’humour pour la quatrième fois depuis l’an 2000.
(On parle de Bruno Coppens lors de l’émission Les arts et les autres télédiffusée sur TV5 le 25 avril à 19 h 30 (heure du Pacifique); 20 h 30 (heure des Rocheuses); 21 h 30 (heure du centre); 22 h 30 (heure de l’Est); 23 h 30 (heure de l’Atlantique) et 00 h 00 (heure de Terre-Neuve).)
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