Le 3 juillet 2002
Place aux arts
Le Canada mythique de Tom Thompson revit à Ottawa cet été
Par : Yves Lusignan Editeur : Association de la presse francophone
Sa carrière de peintre fut brève, six ans à peine, mais elle révèle combien il était possédé par les paysages sauvages du parc Algonquin en Ontario.
Tom Thompson a peint la nature à l’état brut telle qu’elle était au début du siècle dernier, au moment où l’exploitation forestière du parc cédait la place à une nouvelle vocation touristique. On peut dire sans se tromper que ses œuvres rejoignent l’inconscient collectif de beaucoup de Canadiens amoureux de la nature.
Le Musée des beaux-arts du Canada d’Ottawa présente tout l’été jusqu’au 8 septembre la première rétrospective en 30 ans des œuvres de Tom Thompson, dont la carrière a débuté en 1912 à l’âge de 35 ans.
C’est au cours d’un premier grand périple en canot que ce grand amateur de pêche, qui gagnait aussi sa vie comme guide, découvre sa source d’inspiration artistique dans le paysage du nord de l’Ontario.
Il produit ses œuvres en suivant le rythme des saisons. Certaines toiles montrent l’attrait qu’exerçait sur lui l’industrie forestière. D’autres encore des endroits particuliers où il aimait pêcher : des cours d’eau, des rives inondées et le pied de barrages de bois.
Un arbre solitaire, presque squelettique, surplombe un lac et des collines lointaines. C’est Le pin, une toile réalisée à l’hiver 1916-1917 qui attire le visiteur comme un aimant et qui est d’ailleurs abondamment utilisée pour la promotion de l’exposition. Vent d’ouest, une œuvre qui exploite le même thème, transmet cette étrange impression de résister aux éléments. Rivière du Nord, Lac du Nord, Coucher de soleil, Mélèze, Le canot, Jour d’été, Fleurs sauvages, Vieux barrage de bois, Terre inondée donnent le goût de partir en vacances sur le champ dans un de nos nombreux parcs nationaux et provinciaux.
On dit que la mort tragique et mystérieuse de Thompson en juillet 1917, dont on retrouvera le corps flottant dans le lac Canoe, a donné au parc Algonquin sa dimension mythique. On dit aussi que Thompson a symbolisé l’idéal de la nature sauvage et sa vision romantique.
Il n’avait pourtant guère de formation et peignait d’instinct. Sa façon de peindre la nature canadienne a cependant eu un grand impact auprès de ses amis, qui ont créé le fameux Groupe des Sept, trois ans après sa mort.
On parle du conservateur du Musée des beaux-arts du Canada Charles Hill et de l’exposition Tom Thompson lors de l’émission Les arts et les autres télédiffusée sur TV5 le 11 juillet à 19 h 30 (heure du Pacifique); 20 h 30 (heure des Rocheuses); 21 h 30 (heure du Centre); 22 h 30 (heure de l’Est); 23 h 30 (heure de l’Atlantique) et 00 h 000 (heure de Terre-Neuve).
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