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Publié le vendredi 30 novembre 2007 | Mis à jour le mercredi 12 décembre 2007

Les femmes autochtones du Yukon s’organisent pour faire avancer les choses

Marianne Théorêt-Poupart

La volonté de faire bouger les choses et de faire avancer les dossiers qui les concernent était palpable lors du Sommet des femmes autochtones du Yukon, qui se tenait à Whitehorse les 23 et 24 novembre. Pour une première fois, une rencontre territoriale réunissait toutes celles intéressées par les questions d’éducation, de bien-être et de leadership des femmes autochtones.

Ce sommet faisait suite à la rencontre nationale des femmes autochtones qui avait eu lieu à Terre-Neuve au mois de juin 2007. En plus de la rencontre à Whitehorse, il y avait également une première partie à Watson Lake destinée aux femmes de l’est du territoire et qui avait lieu une semaine avant, le 17 novembre.

Adeline Webber, présidente du Cercle des femmes autochtones de Whitehorse, a fait partie du comité de planification dès le commencement du processus, il y a plusieurs mois. Elle est d’avis que le Sommet a été un grand succès. Plus de 200 femmes (et quelques hommes) ont assisté à au moins un des deux sommets et y ont apporté leurs suggestions, commentaires et expériences.

« Cette grande participation aura plusieurs retombées : une crédibilité de nos idées vis-à-vis du reste de la population, de la matière pour élaborer les propositions et demandes de financement, et une direction pour nos campagnes d’information destinées au grand public. »
En plus de la trentaine de priorités identifiées dans chacun des trois domaines – éducation, bien-être et leadership –, les déléguées ont fait ressortir quelques messages clés qui porteront l’action au cours des prochains mois. D’abord, les thèmes sont liés : vous avez besoin de bien-être pour avoir du succès en éducation et exercer du leadership; utiliser la sagesse des aînées dans l’enseignement; soutenir les jeunes et les femmes qui veulent devenir des leaders… n’en sont que quelques exemples.

À la toute fin du Sommet, juste après le dépôt des priorités, Elaine Taylor, ministre responsable du Bureau de promotion des intérêts de la femme, s’est engagée à assurer un suivi sur ce qui avait été discuté et à rencontrer les leaders des groupes de femmes autochtones pour établir un plan à court terme.

La présidente de l’Association des femmes autochtones du Canada, Beverly Jacobs, était au Sommet à Whitehorse et sa présence a vraiment fait une différence, aux dires de plusieurs participantes. « Elle est une battante, elle pousse sans arrêt pour faire avancer les questions relatives aux femmes autochtones. Elle n’essaie pas de plaire aux politiciens ni d’apaiser les choses », avance Brenda Barnes, du Bureau de promotion des intérêts de la femme. Ce bureau, qui compte plus d’une demi-douzaine d’employées, était responsable avec le Conseil consultatif sur les questions touchant les intérêts de la femme, de la préparation des deux sommets.

Beverly Jacobs, qui est aussi une aînée influente au sein de sa nation, a commencé son discours en force. « La raison pour laquelle nous sommes toutes ici aujourd’hui est que nous recherchons l’équilibre. Nous voulons nous assurer que les femmes et les hommes sont égaux. Nous sommes plus fortes que nous ne l’avons jamais été. Nous sommes des survivantes ! Nous avons survécu à des centaines d’années d’abus. » Ses paroles furent accueillies par une salve d’applaudissements dans la salle comble.

Elle rappelle aussi qu’elle a été, pour la première fois en 2005, assise à la même table que les Premiers ministres des provinces et territoires ainsi que celui du Canada, lors d’une réunion rassemblant tous les politiciens pour donner plus de pouvoirs aux autochtones du Canada dans le cadre de la mise en œuvre des accords d’autonomie gouvernementale. « Et ils n’avaient pas invité les femmes autochtones autour de la table de négociation! Lorsque j’ai appris cela, j’ai fait une scène! Et finalement, j’y étais, afin de représenter les femmes autochtones du pays. » Mais cette entente, appelée l’Accord de Kelowna, a été signée dans les derniers mois du règne libéral et le gouvernement conservateur n’a pas voulu reconnaître ce qui avait été conclu, et qui accordait plus de pouvoirs aux autochtones.

Editeur : L'Aurore boréale