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Publié le jeudi 17 décembre 2009 | Mis à jour le jeudi 17 décembre 2009

La francophonie en deuil Jean-Robert Gauthier, laissera un immense vide

Les funérailles du Sénateur Jean-Robert Gauthier auront lieu le jeudi 17 décembre, à 10 h 30 en la Cathédrale Notre-Dame d'Ottawa
Les funérailles du Sénateur Jean-Robert Gauthier auront lieu le jeudi 17 décembre, à 10 h 30 en la Cathédrale Notre-Dame d'Ottawa

Françoise Leguen

Cornwall - Jean-Robert Gauthier, s’est battu pendant près d'une vingtaine d'années contre une maladie qui le rongeait. Le sénateur à la retraite, l'un des plus grands militants de la cause des Franco-Ontariens, s'est éteint à l'âge de 80 ans, dans la soirée du 10 décembre. Il laisse dans le deuil son épouse, Monique, et ses enfants, Nathalie, Vincent, Pierre et Jean-François. Toute l'équipe de la Société franco-ontarienne d'histoire et de généalogie (SFOHG) a appris avec tristesse le décès du sénateur Jean-Robert Gauthier à l’âge de 80 ans, le 10 décembre 2009, à l'hôpital Montfort; le même hôpital pour lequel il a combattu si farouchement aux côtés de Gisèle Lalonde et de toute l'équipe de SOS Montfort. "Aujourd'hui la francophonie ontarienne est en deuil car elle perd un de ses plus grands défenseurs de toute son histoire" souligne le président de la SFOHG, Richard St-Georges. "Il lègue à tous l'Ontario français et à tous le Canada français son âme de combattant et de fier Canadien-français et Franco-Ontarien. « On ne devient pas très populaire à toujours revendiquer », affirmait-t-il. Mais, il a choisi le chemin le moins fréquenté, celui éclairé par le flambeau de la fierté Franco-ontarienne. Quand on lui demandait s’il avait certains regrets, le Sénateur répondait par la négative. Ce Franco-ontarien de tête mais surtout de cœur affirmait que sa vie a été remplie de défis mais surtout d’opportunités qu’il a su saisir. Jean-Robert Gauthier n’a jamais cessé de lutter pour que les francophones aient une place de choix en Ontario et partout au Canada. La présidente de l’AFO, Mariette Carrier-Fraser, a qualifié de « grande perte pour la communauté » ce départ du défenseur des droits des Franco-ontariens. « C’est une très mauvaise nouvelle pour les francophones, autant en Ontario qu’ailleurs au pays. Malgré son état de santé ces dernières années, il rebondissait toujours et demeurait continuellement intéressé à la cause des francophones. Il avait cette particularité de faire bouger les choses sans jamais provoquer. Il arrivait toujours à faire comprendre son point de vue et non l’imposer.» Sur l’initiative de Claudette Boyer, directrice générale de l’ACFO d’Ottawa, les drapeaux franco-ontariens des écoles francophones d’Ottawa, des Monuments de la francophonie et de l’Hôpital Montfort ont été mis en berne pour souligner le décès de cet homme remarquable. De son côté, la FCFA pleure la disparition d’un homme engagé, visionnaire et passionné qui aura donné le meilleur de lui-même pour la défense et la promotion du français, non seulement en Ontario mais partout au pays. « Comment oublier l’image de Jean-Robert Gauthier participant au Grand Rassemblement pour l’hôpital Montfort, en mars 1997, malade mais déterminé à être de cette lutte? Comment oublier l’image d’un sénateur Gauthier défendant bec et ongles version après version de son projet de loi visant, comme il le disait si bien, à faire de la Loi sur les langues officielles un chien de garde et non un chien de poche? », a commenté la présidente de la FCFA, Marie-France Kenny. Le Commissariat aux services en français de l’Ontario souhaite souligner l’immense contribution et dévouement envers la cause des francophones du sénateur Jean-Robert Gauthier. « Je suis grandement attristé par le départ de cet ardent défenseur. Cet homme, qui était plus grand que nature, a tant fait pour la francophonie ontarienne et canadienne. On lui doit énormément », a déclaré le commissaire François Boileau. « Sur un plan personnel, je garderai le souvenir d’un homme déterminé que personne ne voulait décevoir. Des monuments comme Jean-Robert Gauthier, il y en a peu », a souligné le commissaire. Combattant et homme de convictions, ses nombreuses démarches ont notamment mené à la création ainsi qu’à la gestion des écoles de langue française en Ontario. Il importe de mentionner également son important soutien dans la lutte pour la sauvegarde de l’Hôpital Montfort dans la région d’Ottawa. Ses actions ont aussi eu une portée sur l’ensemble de la francophonie canadienne, particulièrement grâce à son projet de loi privé visant l’amendement de la Partie VII de la Loi sur les langues officielles, un de ses legs exceptionnels pour les communautés francophones en situation minoritaire. Pour le commissaire François Boileau, il s’agit donc d’un grand deuil pour l’Ontario français et la francophonie canadienne en entier.

Editeur : Le Journal de Cornwall