 |
Photo Françoise Le Guen
Jean Bédard, président de l'Association des enfants et adultes disparus (AEAD)
Photo utilisation autorisée
Pierre-Hugues Boisvenu, président de Association des Familles de Personnes Assassinées ou Disparues (AFPAD); il tient la photo de sa fille Julie Boisvenu, froidement et lâchement assassinée près de Sherbrooke dans la nuit du 24 juin 2002. Julie Boisvenu avait alors fait l'objet d'intenses recherches et son corps avait été découvert dans un fossé, une dizaine de jours après sa disparition.
|
|
Alerte Amber et disparitions, deux présidents expliquent
Françoise Leguen
Cornwall - Depuis la fin du mois d’octobre 2009, les autorités policières de l'Ontario ont de nouvelles directives avant d'émettre une alerte Amber, dans le cas d'enfants portés disparus ou kidnappés.
Dans une entrevue accordée à Radio Canada, Régina, le président de l'Association des enfants et adultes disparus du Canada, Jean Bédard, de Cornwall, déclarait « Il est temps qu'il se passe quelque chose au niveau de l’Alerte Amber; rien n'a été modifié depuis 1986. Il est toujours désagréable que des décisions soient prises après qu’une tragédie soit arrivée, et cela s’est produit dans plusieurs dossiers d'enlèvement au Canada. À plusieurs reprises, il était top tard, le mal est fait, non seulement pour les enfants, mais aussi pour les adultes. »
Pierre-Hugues Boisvenu, président de Association des Familles de Personnes Assassinées ou Disparues (AFPAD), ainsi que Jean Bédard, président de l'Association des enfants et adultes disparus (AEAD), réclament une brigade spéciale pour la recherche des personnes disparues.
Dans une entrevue téléphonique accordée au Journal, monsieur Boisvenu insistait sur le fait que les deux organismes doivent viser la complémentarité. « Nous allons échanger pour ne pas dédoubler nos actions. Sinon ça risque de compliquer les choses, surtout pour les familles des victimes. Il ne faudrait pas démultiplier les efforts. Nos organismes fonctionnent surtout avec des bénévoles, nous avons, pour l’AFAD, deux employés seulement. Nous n’avons pas les moyens d’être en compétition Notre organisme s’occupe des disparitions mais aussi des homicides non résolus, des meurtres appréhendés. Qui dit disparition, dit possibilité d’homicide. C’est certain, les alertes Amber doivent être beaucoup plus fréquentes. La procédure est compliquée. Il faut aussi savoir que l’aide aux victimes relève des provinces, le côté criminel relève du Canada. Il serait important que chaque province ait des normes nationales. Le gouvernement Charest à mis sur pied une escouade contre les crimes à caractère économique. Nous demandons que les mêmes efforts soient faits pour les homicides et les disparitions. L’Association des Enfants et Adultes disparus et la nôtre vont œuvrer dans ce sens-là. Nous allons travailler ensemble et nous parler régulièrement pour nous assurer qu’on va dans le même sens. La force de l’AEAD est que l’organisme est pancanadien. »
Ce dossier est très préoccupant. En Ontario 3 disparitions sur 7 sont résolues contre 1 sur 7 au Québec. La preuve est faite que le système mis en place par La Police provinciale de L’Ontario est plus efficace. Ce système a permis de doubler le taux de résolutions.
« Ici, au Québec, nous allons continuer de pousser, insiste Pierre-Hugue Boisvenu. Il faut souligner que le discours du ministre Dupuis est en contradiction avec la réalité. Sur le terrain, lorsque nous parlons avec les policiers, ils sont d'accord avec le fait qu’il faudrait une escouade qui pourrait se consacrer à plein temps aux cas de disparition et assurer la coordination entre tous les corps policiers de la province.
Dernièrement, un membre du service des crimes contre la personne de Montréal de la SQ s’est déplacé à Washington pour rencontrer un groupe d’enquêteurs spécialisés dans la matière et connaître leur pratique et leur façon de faire. Cette visite a permis aux policiers de la Sureté du Québec de constater que leur façon de procéder est établie sur de bonnes bases et répond adéquatement aux besoins des dossiers qu’ils doivent traiter.
De son côté, le ministre de la Sécurité publique du Québec, Jacques Dupuis, persiste dans l’idée qu’il n'y aura pas de brigade spéciale consacrée à la recherche de personnes disparues. Les familles sont déçues de son manque d'ouverture, mais ne baisseront pas les bras.
Pour sa part, le président de l'Association des enfants et adultes disparus, Jean Bédard, dénonce que certains corps policiers ne collaborent pas avec les organismes de recherche alors qu’ils sont pourtant reconnus. « Il est temps que cela change et que nos politiciens en place mettent leur culotte et prennent leur responsabilité, dénonce-t-il. Il ne faut jamais oublier que les autres personnes disparues telles que Diane Grégoire, David Fortin, Julie Surprenant, Albert Cloutier Francis, Clément Pépin Tommy, Jeanne Darc Asselin, Jolène Riendeau, Diane Carrier, ne reçoivent pas aussi une couverture médiatique aussi importante que celle de Cédrika Provencher.
Selon Pierre-Hugues Boisvenu, toute disparition d'adulte devrait être considérée comme un «meurtre appréhendé» et les statistiques démontrent que les 24 à 48 premières heures sont déterminantes. Or, le taux de résolution des cas de disparition au Québec serait en baisse depuis cinq ans et ne dépasserait plus les 15%. «Les statistiques sont inacceptables et inquiétantes: il y a de moins en moins de criminels qui sont traduits en justice parce qu'on ne trouve pas le corps des victimes.»
aead-canada.webs.com/
Fondée en 2009 l’Association des enfants et adultes disparus (AEAD) est un organisme à but non lucratif ayant pour mission de contribuer à la recherche des enfants, adultes et toutes personnes disparues avec la participation des corps policiers et autres partenaires.
www.afpad.ca/
Fondée par des victimes pour des victimes, l’Association des Familles de Personnes Assassinées ou Disparues (AFPAD), accompagne, conseille et défend les intérêts des familles de victimes. Elle regroupe des familles dont un membre a été assassiné ou a disparu.
Editeur : Le Journal de Cornwall
|
|
|