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Le 25 août 2005


Deux nouvelles expositions à la Galerie d’art régionale de Cornwall

Par : Dennys Bélanger
Editeur : Journal de Cornwall

Réputée pour donner une fenêtre aux peintres de tout acabit, la Galerie d’art régionale de Cornwall récidive pour les mois d’août et de septembre en présentant non pas une, mais deux expositions conjointes qui sortent de l’ordinaire. Intitulées Réalités différentes, les expositions de Michael Cartwright et Susan Jephcott sont diamétralement opposées. Si l’un utilise l’art comme thérapie, l’autre s’en sert pour s’évader…

L’art, pour tout le monde ou à peu près tout le monde, c’est une façon de s’exprimer, de dire aux autres ce que l’on ressent, de démontrer ce que l’on voit, ou encore comment on visualise le monde. C’est la maxime de Susan Jephcott qui joue avec le monde des formes et des couleurs depuis plus de 50 ans. «Si je ne peins pas, je ne me sens pas bien! Mon moral est à zéro, je ne suis pas du monde», disait cette dernière en entrevue.

Peintre à la fois sensible et surréaliste, Susan Jephcott est ce que l’on pourrait dire une grande exploratrice de la vie. Son art est un médium d’expression, mais aussi une façon de s’évader du commun, des choses banales, des clichés, ou encore des stéréotypes de notre société. Grande amoureuse des animaux, ses peintures représentent à la fois la vie et la mort.

Dans l’exposition qu’elle présente à la Galerie d’art régionale de Cornwall, les oeuvres gravitent en l’art naïf et le surréalisme. Ses tableaux, tantôt joyeux, tantôt morbides, sont le reflet d’une sensibilité à fleur de peau. Oscillant entre l’acrylique et l’encre de Chine, Mme Jephcott se définit elle-même comme une critique d’un monde critique. «Je ne peux concevoir des gens qui ont le don des arts et qui ne s’en servent pas. Pour moi cela est un crime contre l’humanité!», lance-t-elle.

Originaire d’Hudson, au Québec, mais résidente de Vankleek Hill depuis plus de 20 ans, Susan Jephcott est une peintre globe-trotter ayant exposé ses œuvres dans plusieurs pays du monde, notamment dans le sud de la France. Quand on lui demande ce qui l’inspire, elle répond sans hésiter: «À peu près tout. Je commence une toile avec une idée et souvent d’autres viennent s’emmêler les unes aux autres, ce qui fait que mes tableaux sont des œuvres surréalistes. Interrogée sur le moment le plus propice pour lui permettre de créer elle dit : «Il fut un temps jadis où la nuit était mon élément de création, mais avec l’âge on s’assagit. C’est maintenant le matin qui me sert de période de création», avoue-t-elle. À savoir ce qui pourrait l’empêcher de produire, elle répond en regardant ses œuvres… le téléphone.

Michael Cartwright
L’autre moitié de cette exposition qui prend l’affiche jusqu’au 16 septembre inclusivement, c’est Michael Cartwright. Résident de Lancaster Sud, on pourrait dire de lui que c’est un peintre introverti, doublé d’un pince-sans-rire aux idées parfois tordues, qui trouve dans l’art une forme de thérapie bienfaitrice. Son médium est également l’acrylique, mais il œuvre aussi le mix-média et quelquefois le jeu de mots artistique quand ce n’est pas sarcastique. Ses œuvres sont tantôt des formes sculpturales, tantôt peintures sollicitant la réflexion. Peintre depuis une vingtaine d’années, Michael Cartwright, au contraire de Mme Jephcott, n’est pas une personne qui expose ses productions à tout azimut.

Se définissant comme un grand amant des grands espaces et des bateaux, Michael Cartwright puise son inspiration en regardant vivre les gens. Plusieurs de ses œuvres sont un clin d’œil à la société, notamment son nez bleu (bluenose) qu’il utilise à toutes les sauces, de la veilleuse de nuit à l’appui-livre en passant par la peinture proprement dite. Quand on lui demande d’expliquer sa création d’une vieille scie dans une boîte de bois, il prend un sourire en coin et fait un jeu de rôle. «Vous quand vous allez dans les marchés aux puces ou les ventes de garage, il y a presque toujours des gens qui ont des frictions à cause d’un objet qu’ils désirent tous les deux s’accaparer; de là “I saw it first” », qui sans vouloir faire de jeu de mots pourrait facilement se comparer à de l’humour à la Benny Hill, soit britannique.

Aimant plus la solitude que les grandes foules, le peintre solitaire qu’est Michael Cartwright dit profiter de la lumière du matin pour créer ses toiles. «Je considère que la lumière après le petit-déjeuner est la meilleure. De plus, notre imagination n’a pas été encore touchée par les choses de l’extérieur», nous répond celui-ci. Quand on lui demande d’expliquer sa technique de peintre, il dit: «Je procède en trois étapes: le bas, le milieu et le haut.»



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