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Publié le jeudi 3 septembre 2009
Le CÉF se penchera sur l'exogamiePierre-Guy Veer
Une récente étude (2008) du Docteur Jules Rocque, chercheur au Collège universitaire de St-Boniface, montre qu'au moins 50 % des étudiants du CÉF sont issus de couples exogames. Pour faire face à cette situation sans cesse grandissante, le CÉF a délégué Glen Taylor, auteur de quelques ouvrages sur le sujet, à se pencher sur la question.
M. Taylor connaît l'exogamie de près; son épouse est Québécoise. Ses deux filles sont, à ses yeux, 100 % francophones et 100 % anglophones. Elles parlent aussi bien le français que l'anglais. D'ailleurs, elles voient différemment le résultat de la Bataille des Plaines d'Abraham : victoire pour une, défaite pour l'autre! Toutefois, ce ne sont pas tous les couples exogames qui transmettent les deux cultures. 13 % des 5-17 ans de couples exogames parlent le plus souvent français à la maison. Aussi, 31 % des francophones de l'Ouest utilisent principalement le français à la maison. Enraciner la culture Pour transmettre l'identité, il faut l'enraciner. M. Taylor a identifié six racines principales pour enraciner l'identité • Géographique – Une personne qui se sent attachée à sa communauté y prend racine. M. Taylor est originaire de l'Alberta et y est attaché, particulièrement à sa ferme. Toutefois, la mondialisation rétrécit les distances; tout semble plus proche avec les moyens de communication moderne. Paradoxalement, les distances s'étendent aussi. La génération présente voit la planète entière comme sa maison • Raciale et ethnique – Souvent, la « race » (Caucasienne, Négroïde ou Mongole) et l'ethnie sont reliés ensemble. Les Chinois pensent et parlent différemment des Indiens, qui pensent et parlent différemment des Français ou des Canadiens. Toutefois, ces distinctions pourraient être appelée à disparaître. En effet, les métissages ethniques, jadis vus comme un moyen de paix entre deux tribus, sont de plus en plus fréquents. • Culturelle – Avant les moyens de communication modernes, les communautés étaient plutôt homogènes. La culture se transmettait donc plus facilement. Toutefois, l'exogamie peut affecter la transmission de la culture du parent francophone en milieu minoritaire. « Un parent francophone qui parle anglais à son enfant lui coupe ses racines », affirme M. Taylor. Pour transmettre sa culture, le parent francophone doit se battre (patiemment) pour que son enfant acquière sa culture. À la longue, l'enfant se « convertira ». • Sociale – Les contacts avec les autres ont une forte influence sur les racines identitaires. • Éducative – L'école joue un rôle collectif dans l'enracinement identitaire. Une école proche de sa communauté crée un sentiment de fierté chez ses étudiants. Le rôle est d'autant plus crucial si l'étudiant vit dans un foyer exogame. M. Taylor compare l'école à la mycorhise, procédé qui favorise l'enracinement d'une plante. Tournée provinciale Avec la rentrée, M. Taylor consultera tous les intervenants au sujet de l'exogamie. Des professeurs aux parents, en passant par les élus, tous seront consultés au cours de ce processus que l'on promet transparent. Surveillez nos pages pour connaître les dates. M. Taylor a également écrit un livre, Fusion. Il conseille les parents (principalement non-francophones) à éduquer leurs enfants dans un foyer bilingue. L'Eau vive en publiera une critique bientôt.
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