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Le premier ministre le soir du 22 mai. Gary Doer a établi un record : remporter trois campagnes électorales de suite.
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Le NPD, une victoire
Patricia Sauzède-Bilodeau
Après une courte campagne électorale sans trop d’éclats, l’heure est au bilan pour les politiciens. Résultat : trop d’attaques personnelles.
Les affiches électorales retrouvent les lieux où elles seront stockées jusqu’aux prochaines élections. Les élus s’apprêtent à entrer au Palais législatif et les bénévoles se reposent enfin après 33 jours de campagne. Sans trop de grande surprise, cette élection provinciale s’est terminée sur une note semblable à celle de 2003 : le Nouveau Parti démocratique (NPD) remporte une majorité de voies face aux deux partis de l’opposition qui ont presque le même nombre de sièges. Cette campagne était-elle trop prévisible?
" Ça a été une campagne de mauvaise publicité, déplore le député de La Vérendrye, Ron Lemieux. Bob Stefaniuk, du Parti progressiste conservateur, a distribué un dépliant qui disait qu’à cause de moi, les gens allaient se retrouver six pieds sous terre, en rapport avec les inondations! "
Même constat du côté du député de Saint-Boniface, Greg Selinger, qui, durant ses deux campagnes précédentes, n’a pas remarqué une compétition aussi féroce.
" Je n’ai jamais vu une campagne aussi négative, surtout à la télévision, lance Greg Selinger. Pas à Saint-Boniface, mais en général. C’était vraiment une nouvelle expérience pour moi de voir dans les médias autant de choses négatives provenant des autres partis. "
S’ils sont un peu amers face à l’atmosphère plus compétitive de cette campagne, les deux nouveaux élus reconnaissent le travail accompli par tout le monde.
" Jay Murray (indépendant) a fait beaucoup de porte-à-porte, poursuit Ron Lemieux, en décrivant ses adversaires dans La Vérendrye. Roland Chaput (du Parti libéral) a aussi fait pas mal de porte-à-porte et rencontré du monde. C’est Bob Stefaniuk qui avait la plus grande équipe, la plus grosse campagne. D’ailleurs, j’étais sa " cible " tout au long de la campagne. "
" La météo a beaucoup aidé pour la marche, ajoute Greg Selinger. D’ailleurs j’ai perdu cinq livres! "
Et le soir même des élections, victoire prévisible ou pas, le stress était à son comble, comme l’explique Ron Lemieux qui a vu son adversaire prendre une avance en début de soirée. " En 1999, j’ai remporté avec une majorité de 160 votes, rapporte-t-il. C’était stressant. En 2003, j’ai eu une majorité de 1 500 voies et cette fois-ci, au-dessus de 1 000. Je crois que ça a finalement été plus facile que ce qu’on prédisait. "
L’équipe derrière
Même si, lors d’une campagne, l’accent est souvent mis sur les politiciens, ils sont toutefois loin d’être les seuls à solliciter l’intérêt des électeurs, et donc, pas les seuls à être essoufflés après 33 jours de campagne.
Pour sa sixième campagne électorale, le bénévole Éric Plamondon a pleinement savouré son expérience dans La Vérendrye. Un travail à la fois exigeant et excitant. " C’était la première fois que je travaillais à temps plein pour une campagne, et je dois dire que c’était assez intense, raconte-t-il. On a toujours la tête prise dans la campagne, peu importe ce qu’on fait, et ce, pendant un mois. "
Mais pour lui, comme pour ceux qui ont tout donné pour s’assurer d’une victoire, la satisfaction d’après campagne est encore plus grande lorsqu’on a " gagné ses élections ".
" Le moment qui m’a le plus marqué était le lendemain des élections, lance Éric Plamondon, en riant. J’ai croisé Sharon Blady, Erin Selby et Ron Lemieux et tous les trois avaient la même expression sur le visage. Un mélange de joie, de satisfaction. "
Du pareil au même
Avec un gouvernement majoritaire et une opposition qui n’a pas beaucoup changé, le prochain mandat pourrait-il être un calque des quatre dernières années? Non, répondent les néo-démocrates : leur équipe a changé de visage le soir du 22 mai.
" On est fier d’avoir plusieurs nouveaux élus, affirme sans hésitation Greg Selinger. Des élus de qualité. "
" Il y a quand même plusieurs nouveaux dans le parti, ce qui devrait amener du changement, ajoute Ron Lemieux. Et puis, on a profité de la campagne pour récolter des nouvelles idées de la part de la population. "
Quant à l’avenir des deux élus, il reste à savoir s’ils feront partie du cabinet des ministres comme durant le précédent mandat. Un retour aux services à la langue française pour Greg Selinger?
" Probablement, mais on verra ce qui arrivera, signale-t-il. Pour les finances, il ne faut pas oublier qu’au départ, on m’avait demandé d’y être pour deux ans et que j’y suis resté huit ans. C’est quatre fois ce que je devais faire au départ. Mais j’aime encore ça. "
Pour Ron Lemieux, un possible retour au ministère de l’Infrastructure et des Transports serait apprécié. " Mais c’est Gary Doer qui décidera, rappelle-t-il. Moi je serai content peu importe où je serai. "
Editeur : La Liberté
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