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Publié le mercredi 25 novembre 2009 | Mis à jour le mercredi 25 novembre 2009

Nouvelles

Jacquelyn Hébert
Jacquelyn Hébert

Un ciel, deux expositions

Camille Séguy

Jacquelyn Hébert et Niki Trosky se partagent le ciel bleu de la Maison des artistes visuels francophones, le temps d’une exposition.

D’un côté le noir et blanc, de l’autre les couleurs. D’un côté l’hiver, de l’autre les quatre éléments, et plus encore. D’un côté l’artiste Jacquelyn Hébert, de l’autre, Niki Trosky.
Chacune a son espace, mais les deux artistes qui exposent à la Maison des artistes visuels francophones (MAVF), jusqu’au 20 janvier 2010, ont en commun leurs modes d’expression artistique : la photographie et la vidéo.
C’est l’exposition Sous un ciel bleu, mentorée par l’artiste visuelle Dominique Rey. La première de Jacquelyn Hébert à la MAVF, et la première « tout court, presque en solo » de Niki Trosky, comme elle le dit elle-même.

Vive l’hiver

Dans son coin d’exposition, Jacquelyn Hébert nous fait entrer dans une salle de cinéma avec des airs d’autrefois. Deux projecteurs renvoient en parallèle deux vieux films muets sur des écrans inhabituels, qui se font face. Elle présente Point de mémoire, les sports d’hiver.
« J’ai trouvé sept bobines de film et un projecteur dans une boutique d’occasion, raconte Jacquelyn Hébert. C’était des vieux films de famille, de 1934 aux années 1960. J’ai monté un film et j’en ai tourné un autre en super huit, en noir et blanc, en parallèle du premier. C’est le présent face au passé. »
Au montage, elle a arrondi les bords de son film et flouté les contours, « pour faire comme un cadre de vieux projecteur », souligne-t-elle. Le premier écran est tricoté en laine, le second est en laine feutrée à la main, œuvres de l’artiste.
« Les écrans de laine et de feutre fabriqués à la main, c’est une référence au passé, explique Jacquelyn Hébert, où les choses étaient faites à la main.
« J’aime le fait que les écrans ne soient pas plats, ça fait une image imparfaite, plus floue, plus vieillie, confie-t-elle. De plus, l’image passe à travers l’écran de laine, par les petits trous, et on peut la voir en pointillés sur le mur derrière l’écran. »
Les films qui passent parlent de l’hiver. On y voit des enfants et des adultes jouer dans la neige, faire des raquettes ou du toboggan, patiner, ou juste marcher.
« Je voulais célébrer l’hiver, montrer ses bons côtés, justifie l’artiste, qui est Franco-Manitobaine. Quand j’ai vu ces vieux films, j’ai été inspirée car c’était toute la famille qu’on voyait jouer dehors dans la neige, ensemble. »
Jacquelyn Hébert ne prévoit pas donner trop d’explications aux visiteurs sur ses films ou ses quelques photos en noir et blanc, capturées des films. « Je préfère laisser l’interprétation libre », conclut-elle.

Éléments pour un corps

On passe dans la salle voisine, et on se retrouve dans le monde coloré et « magique », selon ses termes, de Niki Trosky. L’artiste manitobaine présente son exposition Ah ha, je suis là, me voilà.
« Il y a des photos, deux vidéos numérique et super huit et des installations, signale Niki Trosky. La salle est divisée en cinq parties : la terre, l’air, le feu, l’eau et l’espace. Au centre, ce sera l’autel, qui représente le divin, avec deux miroirs qui renvoient l’image à l’infini. ».
À travers les éléments, c’est une métaphore du corps teintée de chamanisme que l’artiste présente.
« Dans ma vie personnelle, j’utilise beaucoup le chamanisme, les coutumes des Premières nations et la sorcellerie, confie Niki Trosky. Pour moi, tout est associé à la nature. J’y trouve une sagesse.
« J’ai travaillé un peu avec une adepte de magie blanche en Australie, et elle m’a appris à utiliser les éléments pour reconnecter avec moi-même, poursuit-elle. L’air, c’est la tête; le feu, c’est l’esprit; l’eau, c’est le cœur; la terre, c’est le corps; l’espace, pour moi, c’est tout ce qui existe en dehors de nous. »
D’ailleurs, chaque ensemble de photographies est accompagné d’une formule magique ou prière au sujet de l’élément concerné.
Niki Trosky a pris ses photos et tourné ses films lors de ses sept années de voyage. « Je voulais tout enregistrer, se souvient-elle. Tout me fascinait et je voulais le partager. »
À noter la technique de superposition d’images en transparence utilisée pour l’espace, qui « donne une idée de 3D, irréelle », souligne l’artiste.
Par ailleurs, les photos exposées de Niki Trosky sont à vendre, ainsi que des CD de ses photos. « Ça pourrait servir de fond d’écrans d’ordinateurs! », lance Niki Trosky.

Editeur : La Liberté