 |
|
La troupe de L'amitié.
|
|
Leçon d’amitié
Camille Séguy
La nouvelle adaptation de la pièce de théâtre de Daouda Dembélé, L’amitié, raconte comment
les questions d’argent peuvent remettre en cause les amitiés. Et le tout, sur toile de fond de traditions africaines.
Le comédien, metteur en scène et dramaturge d’origine ivoirienne, Daouda Dembélé, présente une adaptation de sa troisième pièce de théâtre écrite en 2001, L’amitié, dans le cadre du Festival AFRi’K! organisé par l’Alliance française du Manitoba et le Collège universitaire de Saint-Boniface (CUSB). (1)
Inspirée du conte africain L’os de Mor Lam de Birago Diop, « L’amitié traite des relations interpersonnelles et de jusqu’à quel point des amis peuvent compter l’un sur l’autre, surtout dans les moments difficiles », explique l’auteur de la pièce aux accents de comédie musicale.
L’amitié revient sur les défis de la solidarité, en Afrique comme ailleurs, même si « le terme “amitié” n’existe pas en Afrique, on s’appelle tous “frère” et “sœur” », remarque Daouda Dembélé. L’histoire suit deux amis d’enfance africains qui gardent contact malgré leurs routes qui se séparent, mais une question d’argent s’interpose entre eux.
Mieux comprendre
« J’ai choisi de remonter L’amitié car il y a aujourd’hui beaucoup d’immigration à Saint-Boniface, souligne Daouda Dembélé. Malgré nos différences, on doit vivre ensemble et être des amis. On forme une communauté. Cette pièce aide à mieux comprendre la culture africaine. »
Cette pièce est aussi une manière de relancer le théâtre africain au Manitoba, car tous les comédiens sont originaires d’Afrique.
« Il y a urgence à former de nouveaux comédiens africains, confie Daouda Dembélé. Je joue au Cercle Molière et je suis le seul comédien Noir. Ils ont dû renoncer à certaines pièces car ils avaient besoin d’un personnage Noir et je ne pouvais pas.
« De 1996 à 2000, poursuit-il, on jouait une pièce africaine chaque année au CUSB. Mais les comédiens ont obtenu leur diplôme et ce n’est plus le cas maintenant. J’espère que cette pièce marquera un retour du théâtre africain sur la scène. »
Il précise qu’au-delà de la couleur de peau, c’est aussi la façon d’aborder le théâtre qui diffère entre le Canada et l’Afrique. « Ici, on reste proches du texte, conclut-il. Le public aime la précision. Le théâtre et l’improvisation sont deux choses différentes. En Afrique, l’improvisation se retrouve dans le théâtre. »
(1) Les 9 et 10 mars à 19 h 30, salle Martial-Caron au CUSB, 200, avenue de la Cathédrale. Entrée gratuite.
Editeur : La Liberté
|
|
|