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Publié le mercredi 3 mars 2010 | Mis à jour le jeudi 4 mars 2010

Nouvelles

Philippe Baudet.
Philippe Baudet.

Les nouveaux arrivants face aux REER

Camille Séguy

Au Canada, le mois de février rime avec REER. À la veille de faire leurs impôts, les Canadiens font le point sur leurs épargnes-retraite. Mais pour les nouveaux arrivants, et parfois même certains Canadiens, le lien entre les REER et les impôts n’est pas toujours évident à comprendre.

D’un pays à l’autre, les systèmes d’épargne et de planification de retraite, entre autres, n’ont rien en commun. Quand les Canadiens eux-mêmes se questionnent encore parfois sur le système canadien du Régime enregistré d’épargne-retraire (REER), quoi dire des nouveaux arrivants?
« Ce n’est pas évident pour quelqu’un qui arrive au Canada de comprendre toutes les options proposées, reconnaît le directeur de succursale de la Banque royale du Canada (RBC) sur l’avenue Portage, Marcel Tétrault. Il y a divers plans et programmes pour encourager les gens à épargner, tous différents des autres pays. Comment savoir où commencer? »
« Le système du REER n’est pas compris par beaucoup de personnes qui viennent nous voir, y compris par les Canadiens, surtout les jeunes, renchérit la gérante des relations aux membres à la Caisse Saint-Boniface, Pascale Bichon.
« La plupart ne sont pas dans une situation financière où ils peuvent faire une contribution, poursuit-elle. Et même quand ils ont des REER, beaucoup ne comprennent pas toujours tout du système! »

Chercher l’information

Les banques recommandent aux nouveaux arrivants de venir s’informer au plus vite sur le REER et autres plans, auprès de conseillers financiers.
« C’est essentiel de commencer jeune car ça peut faire une grosse différence dans la qualité de vie au Canada, souligne Marcel Tétrault. C’est utile pour la retraite, mais ça peut aussi permettre d’accéder à la propriété et à l’éducation permanente. »
Ronald Dauchot, qui est arrivé au Manitoba de Belgique en août 2007 avec sa famille, est parti lui-même à la pêche aux informations sur le REER. Il a questionné son comptable pour mieux comprendre cette option. « Je me demandais ce que c’était. J’en ai donc discuté un peu autour de moi, mais c’était très limité, précise-t-il. Pour le moment, ça ne m’attire pas. »
Arrivés de France il y a cinq ans, Stéphane et Sophie Wild ont quant à eux parlé de REER avec leur banquier. « On se posait des questions pour notre retraite, car comme on est à notre compte, si on ne cotise pas, on n’aura pas de retraite, explique Stéphane Wild. Donc on a pris des REER, mais j’avoue que ce n’est toujours pas très clair pour moi! »
Nouvel arrivant de France en juillet 2007 avec sa famille, Philippe Baudet a bénéficié de réunions au sujet du REER dans le cadre de son emploi, au Centre culturel franco-manitobain (CCFM).
« Des spécialistes sont venus deux fois au CCFM pour nous présenter le REER, raconte-t-il, donc j’ai maintenant une petite idée de ce que c’est. Toutes les entreprises ne prennent pas toujours le temps d’expliquer à leurs employés comment ça marche. »
« Il faut d’abord avoir travaillé au Canada pour pouvoir avoir des REER, précise toutefois le coordonnateur du programme de rétablissement à l’Accueil francophone, Boris Ntambwe. La plupart des nouveaux arrivants ne sont donc pas tout de suite concernés. »
C’est pourquoi l’Accueil francophone ne donne pas la priorité à cette question et laisse les banques et les employeurs s’en charger par la suite, sauf si les nouveaux arrivants s’interrogent.
« Les REER, c’est quelque chose de très spécifique et complexe, conclut Boris Ntambwe. Les nouveaux arrivants reçoivent déjà beaucoup d’informations d’un coup à leur arrivée, on ne veut pas leur en rajouter. »

Editeur : La Liberté