Grosse soirée pour Tony Tascona le 16 mars : 80 ans et un vernissage à fêter au Centre culturel franco-manitobain. Des centaines d’invités sont attendus pour cet événement ouvert au public.
Quand Tony Tascona communie
Par : François Cavaillès
Editeur : La Liberté
« Quand je dessine,
il se passe entre le support et moi quelque chose qui tient de la communion totale »,
dit Tony Tascona. Rencontre avec cet artiste de Saint-Boniface qui sera honoré par
le Centre culturel
franco-manitobain
le 16 mars, jour de ses
80 ans.
Selon le cliché, la gloire du peintre ne s’illumine qu’au crépuscule de sa vie. Mais Tony Tascona va fêter ses 80 ans dans un vernissage aux airs de grand bain de foule, le 16 mars au Centre culturel franco-manitobain (CCFM) (1). Lancé dans une carrière d’artiste voilà maintenant 35 ans, il attend toujours le moindre signe de déclin de son œuvre. « Depuis 1971, je n’ai jamais regardé en arrière », explique-t-il dans son vaste studio du 208, boulevard Provencher où le téléphone ne dérougit pas, en prévision de la grande fête.
« Je veux laisser un héritage », se dit-il, en parlant de ses nombreux dons au Collège universitaire de Saint-Boniface (CUSB). L’art de Tony Tascona est aussi légué dans un nouveau livre, préfacé par Patricia Bovey et Roger Léveillé, dont la sortie est prévue cette semaine (2).
La vie de Tony Tascona, né et élevé à Saint-Boniface, est faite de créations, en peinture, puis en dessin, et de voyages pour des expositions à travers le pays et à l’étranger. Ancien mécano de la compagnie Air Canada, il a pu prendre l’avion à moindre coût pour assister aux vernissages de ses œuvres.
Winnipeg, plutôt que Montréal, a finalement eu ses faveurs pour des raisons familiales. « Je ne voulais pas retourner vivre dans l’air pollué de Montréal parce que l’un de mes fils avait de l’asthme, raconte-t-il. Alors j’ai donné ma démission à mon patron. Il m’en a fallu du courage… »
L’inspiration
dans la concentration
Ainsi, dans son Saint-Boniface natal, Tony Tascona a entrepris de vivre de son art sans faire de compromis commercial, en puisant l’inspiration dans « la concentration, la transformation qui se passe au fil de la création », et en dépit de sérieux problèmes de santé. « Quand je dessine, il se passe entre le support et moi quelque chose qui tient de la communion totale », confie l’artiste.
Cette démarche très personnelle peut expliquer l’originalité flagrante de ses peintures et de ses dessins, évoquant tantôt le minéral, tantôt le végétal, ou encore l’anatomique. Le savoir-faire n’est plus à démontrer chez cet artiste exposé à travers le monde, décoré de l’Ordre du Canada, mais toujours resté proche des siens.
« C’est un grand honneur pour nous de l’exposer, assure Nicole Coulson, du CCFM. Tony Tascona a toujours été très fidèle envers la communauté. »
Selon la responsable de la galerie d’art, la célébration s’annonce joyeuse, avec beaucoup de retrouvailles. Une ambiance solennelle est aussi à prévoir, en présence du directeur de la Galerie nationale, Pierre Théberge. L’occasion de tirer sa révérence, ou de décrocher les vieilles lunes, est trop belle pour Tony Tascona. « On ne peut pas le manger, ni le porter, et il ne tient pas au chaud. Mais ce que l’art peut vous faire, c’est élever votre nature. », croit cet homme porté sur le spirituel.
(1) Anniversaire et vernissage de l’exposition « Transformation » regroupant 33 oeuvres récentes, réalisées à l’encre acrylique et au crayon.
(2) Tascona : Transformation, édité par Ink Inc. en collaboration avec le CUSB.