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Publié le mercredi 9 juillet 2008 | Mis à jour le mercredi 9 juillet 2008
Madeleine Laplante, copropriétaire de VéloXpress, en compagnie de Graham Large, vaquent à leurs occupations comme si l’appel au boycott n’avait jamais eu lieu. Photo : Étienne Ranger
Madeleine Laplante, copropriétaire de VéloXpress, en compagnie de Graham Large, vaquent à leurs occupations comme si l’appel au boycott n’avait jamais eu lieu. Photo : Étienne Ranger

Un boycott qui n’a jamais levé

Michel Moyneur

Un coup d’épée dans l’eau pour Howard Galganov selon les commerçants

Embrun - S’il croyait faire un bon coup en appelant les résidants de Russell à boycotter les commerces francophones du canton, Howard Galganov peut maintenant se dire qu’il avait peut-être mal calculé son coup.

Un mois après la distribution de quelque 5000 tracts demandant aux gens d’ignorer les commerces à bannière francophones, les commerçants visés s’entendent pour dire que les résultats escomptés par l’activiste de Williamstown ne sont jamais venus.

«Je n’ai pas vu de différence, jusqu’à maintenant. Ma clientèle n’a pas changé et les anglophones continuent de venir chez nous», explique le copropriétaire de Marché Richelieu, Alain Viau.

De son côté, le copropriétaire de VéloXpress, Michel Laplante, n’a également pas constaté de changement au niveau de l’achalandage de son commerce. «Les gens ne m’ont même pas parlé de la campagne de boycott. Je crois que ça n’a pas fait grand-chose et c’est tant mieux, explique-t-il. M. Galganov aurait dû faire le tour des commerçants francophones pour voir que la grande majorité de ceux-ci l’aurait servi en anglais.»
Michel Laplante ne croit pas que Howard Galganov s’y est pris de la bonne façon pour protester contre le règlement d’affichage bilingue adopté le 16 juin dernier. «Qu’est-ce qu’on (les commerçants francophones) a à voir avec ce règlement adopté par la municipalité? Je crois qu’il a généralisé un peu», soutient-il.

Le constat est le même pour la propriétaire d’Embrun Restaurant & Pizzeria, Carolle Bourbonnais. «Ça ne m’a pas affecté. Pourquoi un boycott contre les commerçants francophones fonctionnerait alors qu’ils offrent tous un service bilingue à leur clientèle, se questionne-t-elle. L’anglophone qui entre dans un commerce et qui se fait servir dans sa langue n’arrêtera pas de fréquenter l’endroit. Moi, si j’avais seulement que des serveurs francophones ou anglophones je comprendrais, mais ce n’est pas le cas. Je ne comprends pas pourquoi il y a une chicane avec ça.»

Rappelons que deux plaintes pèsent sur Howard Galganov pour son geste posé envers les commerces francophones. Le porte-parole de la Ligue québécoise contre la francophobie, Gilles Rhéaume, a porté plaine auprès de la Police provinciale de l’Ontario et de la Commission ontarienne des droits de la personne pour littérature haineuse.
Ce n’est pas la première fois que les deux hommes s’affrontent. Alors que Howard Galganov menait une bataille contre la Loi 101, dans les années 90, au Québec, Gilles Rhéaume lui avait fait face en dénonçant des publicités contre la loi diffusée sur une chaîne de télévision de la Nouvelle-Angleterre, aux États-Unis.

Editeur : La Nouvelle


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