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Publié le mercredi 25 avril 2007 | Mis à jour le mercredi 25 avril 2007

Les niveaux élevés de nitrate dans l’eau potable causent le «syndrome du bébé bleu»

Jacinthe Laforest

Un rapport de la Commission géologique du Canada publié la semaine dernière a ramené au premier plan des préoccupations les niveaux de nitrate dans l’eau potable.

Les nitrates sont des composés chimiques faits d’azote et d’oxygène. On les trouve à l’état naturel dans certains légumes, dans les viandes en conserve et dans le sol. Il y en a aussi dans les engrais commerciaux et les déjections animales.
Les nitrates sont nécessaires à la croissance des végétaux mais leur présence excessive dans le sol peut contaminer les sources d’alimentation en eau et soulever des préoccupations pour la santé.
Le principal problème de santé relié à l’ingestion des nitrates est la méthémoglobinémie (ou «syndrome du bébé bleu»). Ce syndrome affecte surtout des enfants de moins d’un an.

Le nitrate est converti en nitrite dans l’estomac, puis il est absorbé par la circulation sanguine. C’est là qu’il vient altérer la capacité des cellules rouges de transporter l’oxygène. Les symptômes du «syndrome du bébé bleu» sont notamment la cyanose (décoloration bleutée de la peau et de la bouche), la difficulté de respirer et la fatigue.
Il ne faut donc pas utiliser de l’eau dont la teneur en nitrates est élevée pour préparer du lait maternisé ou des aliments pour bébé et il ne faut pas en donner à boire aux bébés.

Comme les nitrates peuvent également se retrouver dans le lait maternel, les mamans qui allaitent doivent éviter de boire de l’eau dont la teneur en nitrates est élevée. Les femmes enceintes doivent elles aussi éviter de boire de l’eau dans laquelle il y a présence excessive de nitrates.

En ce qui concerne les autres problèmes de santé pouvant être associés à l’ingestion de nitrates, les avis sont partagés. Certaines études font état d’un lien possible avec le cancer de l’estomac, les malformations congénitales, l’hypertension, l’hypertrophie de la glande thyroïde et l’hématosarcome, alors que d’autres n’établissent pas de tels liens. À l’heure actuelle, les preuves font encore défaut pour tirer des conclusions solides.

Dans les régions agricoles, on peut trouver de fortes concentrations de nitrates dans l’eau, souvent dans des puits aménagés près d’installations de logement du bétail construites depuis longtemps. Les nitrates peuvent être lessivés vers les aquifères souterrains (les bassins où se ramassent les eaux souterraines) et contaminer les eaux de puits. L’ampleur de la contamination et sa rapidité dépendent à la fois du type de sol et de la profondeur de la source d’eau. Le lessivage des nitrates se produit plus facilement dans les sols sablonneux légers que dans les sols argileux.
Les puits de surface sont plus souvent contaminés que les puits forés dans les aquifères profonds. Les fortes pluies et les inondations ont également une incidence sur la quantité de nitrates qui atteint à la fois les eaux souterraines et les eaux de surface.

De fortes concentrations de nitrates dans les cours d’eau et les lacs favorisent la croissance des algues et dégradent l’habitat des poissons, d’autres organismes aquatiques et de la faune.

Editeur : La Voix acadienne


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