La Mi-Carême dévoile tous ses secrets dans le nouveau livre de Georges Arsenault
Jacinthe Laforest
Un nouveau livre intitulé La Mi-Carême en Acadie, du folkloriste et historien Georges Arsenault, vient de paraître aux éditions La Grande Marée de Tracadie-Sheila (Nouveau-Brunswick). Le lancement de ce livre se fera au Musée acadien de l’Île-du-Prince-Édouard, à Miscouche, le 10 février.
«J’ai lancé un appel à la Mi-Carême et j’espère qu’elle sera au lancement de son livre, mais je n’ai pas son numéro de téléphone pour vérifier qu’elle a bien eu l’invitation», dit Georges Arsenault avec une pinte d’humour.
Georges Arsenault a reçu son livre, fraîchement sorti des presses le jeudi 31 janvier et il en est très fier. «Je suis vraiment content. Les photos ont bien sorti et les illustrations que j’ai commandées sont de beaux ajouts.»
«J’espère que ce livre va aider à faire connaître cette tradition. Selon moi, c’est la fête traditionnelle qui unit le plus les Acadiens. Elle est connue partout, dans toutes les régions acadiennes. Le seul coin où je n’ai pas retrouvé sa trace c’est dans le Madawaska et là, je crois qu’elle a été éclipsée par le Mardi gras.»
Encore aujourd’hui, même dans les régions où la Mi-Carême sort moins, elle a laissé d’excellents souvenirs chez les personnes qui l’ont connue dans leur jeune âge.
La Mi-Carême prend au moins quatre formes différentes, selon les recherches de Georges Arsenault. Les deux formes qu’on connaît le plus, c’est la Mi-Carême qui sort du bois pour donner des friandises aux enfants. L’autre qu’on connaît aussi bien, est celle qui a cours à Chéticamp au Cap-Breton et qui est le centre d’un festival de plusieurs jours.
L’an dernier pour la première fois, Georges Arsenault est allé assister et observer ce festival à Chéticamp, dans le cadre des recherches pour son livre, expérience qu’il raconte en détail dans son livre, photos à l’appui. La Mi-Carême prend différentes formes selon les régions. Mais selon Georges Arsenault, la région de Prince-Ouest à l’Île est la seule région au monde où la tradition de la Mi-Carême sortant du bois a résisté au temps.
Qui dit Mi-Carême, dit aussi la moitié du carême. Dans le passé lointain, le carême était une période triste de l’hiver. Le jeune était sévèrement observé : pas de viande ni de douceurs pendant 40 jours et six dimanches. Pas de danse, pas de musique, pas de fréquentations, pas de boisson : aucune distraction n’était admise.
«L’Église, de façon officieuse, acceptait l’idée que le peuple avait besoin d’une pause au milieu du carême, qui aurait été le dimanche suivant la moitié du carême. L’on pense que ce serait l’origine de la Mi-Carême. Depuis des années maintenant, le carême n’est plus observé et la mi-carême est devenue un jour comme les autres. Par contre, dans trois régions, elle a conservé sa popularité : Chéticamp (dont on a déjà parlé), Fatima aux Îles-de-la-Madeleine et Natashquan sur la côte Nord du Québec. C’est drôle que ce sont des Acadiens de Chéticamp qui ont fondé Fatima et ce sont des Madelinots qui ont fondé Natashquan. Je trouve le lien intéressant.»
S’il fait tempête le jour du lancement, l’événement sera reporté d’une semaine, le 17 février. Le 22 février, Georges Arsenault fera une présentation au Carrefour de l’Isle-Saint-Jean et le jeudi 28 février, jour de la Mi-Carême, il sera au Centre acadien de Prince-Ouest. Des dates de lancement sont aussi prévues au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse.
Editeur : La Voix acadienne
|
|
|