<< Retour | Archives
Publié le jeudi 9 juin 2011 | Mis à jour le jeudi 9 juin 2011

École du Sommet : on coupe finalement le ruban!

par Mireille Maheu

Pour ses 20 ans, l’école du Sommet de Saint-Paul a inauguré son tout nouveau bâtiment, doté de la plus récente technologie. Le ruban a été coupé le 3 juin, devant environ 300 personnes réunies dans le gymnase flambant neuf pour assister à la cérémonie. « Cela fait chaud au cœur », a déclaré l’ancien président du Conseil scolaire Centre-Est (CSCE), Réginald Roy, qui a travaillé longtemps sur le projet de construction de l’école. Quand il a quitté la présidence du Conseil à l’automne 2010, beaucoup de chemin avait été fait, et les travaux étaient d’ailleurs presque terminés. Mission accomplie En octobre 2003, les parents des élèves de l’école du Sommet, représentés par le Comité de parents, rédigent une lettre dans laquelle ils dressent la liste des lacunes du bâtiment scolaire. Ils font remarquer entre autres choses qu’il ne possède pas de laboratoire de science ou de salle pour les études professionnelles et technologiques, que le gymnase ne convient pas à des sportifs d’âge secondaire et qu’en l’absence d’une cafétéria, certains élèves doivent manger sur le plancher. Il aura fallu plus de sept ans pour remédier à la situation, mais depuis le déménagement à la mi-février, ils peuvent dire : mission accomplie. Cette nouvelle bâtisse semble en effet satisfaire toutes les attentes. « Vous avez les meilleures infrastructures, les meilleures technologies, un bon système d’échangeur d’air, de la lumière, des belles pièces, énumère d’ailleurs le ministre de l’Infrastructure et député de Lac La Biche/Saint-Paul, Ray Danyluk. Reste à voir ce que vous ferez de ce matériel à la fine pointe. » La nouvelle école du Sommet est bâtie selon le même modèle que les écoles Voyageur à Cold Lake et des Beaux-Lacs à Bonnyville. « Certaines divisions sont différentes, mais dans l’ensemble, les trois écoles sont très semblables », fait remarquer Réginald Roy. Le concept, élaboré au départ pour l’école Voyageur, comprend une division efficace des classes primaires et secondaires autour d’une aire commune. La récupération du concept, en plus de constituer une valeur sûre, a permis d’économiser considérablement sur les coûts. L’établissement de Saint-Paul comprend maintenant un grand gymnase aux couleurs de l’école et une cafétéria. De plus, les classes sont équipées de SMART boards et 20 ordinateurs iMacs sont à la disposition des élèves. Les élèves de certaines classes ont aussi chacun accès à un ordinateur portable MacBook. Un plancher de bois a été installé pour les cours de danse et une grande salle de musique, le Stage, permet aux jeunes musiciens de s’entraîner pour faire partie de l’orchestre harmonique de l’école ou du Rock Band, un tout nouveau projet de groupe qui permet aux élèves de toucher à la composition, à l’écriture et à l’interprétation musicale. Notons que l’école du Sommet a été financée par le gouvernement de l’Alberta, via Alberta Infrastructures, au coût de 13 millions $. Maintenant que ses quatre bâtiments ont été remis à neuf, il est temps pour le Conseil scolaire Centre-Est de se tourner vers de nouveaux projets. « Nous voulons désormais travailler pour contrer certaines imperfections de l’école Beauséjour à Plamondon », indique l’actuel président du CSCE, Guy Généreux. Le Conseil se penche aussi sur la possibilité d’ouvrir une école pour la prématernelle à la 2e année à Lac La Biche. « Des résidents ont formulé le désir qu’il y ait une école francophone à Lac La Biche. Nous menons actuellement une étude dans la population et nous observons les données de Statistique Canada afin de voir s’il y a suffisamment d’ayants droit là-bas et, bien sûr, s’ils sont intéressés. » Du côté d’Athabasca, où une étude non approfondie sur la question avait été menée il y a trois ans, le projet est aussi remis sur la table. « Si on regarde les statistiques, il y a une grande quantité d’ayants droit à Athabasca, alors on souhaite y mener une étude sérieuse », termine le président. J’aime ma nouvelle école « J’aime ma nouvelle école parce qu’il y a une cafétéria. J’aime ma nouvelle école parce qu’on a des SMART boards. Parce que les couleurs sont vivantes. Parce que le gymnase est grand. Parce qu’on peut aller jouer dehors. » La vidéo Pourquoi j’aime mon école, réalisée à l’initiative de la bibliothécaire Carole Bouchard et présentée lors de la cérémonie, démontre bien ce que les élèves pensent de leurs nouveaux locaux. « Une nouvelle école pour nous signifie surtout la possibilité de commencer de nouveaux projets », ajoute la co-présidente du Conseil d’élèves, Danika Boucher. Elle explique que les élèves avaient de bien belles idées, mais que les anciennes installations étaient inadéquates et rendaient parfois impossible leur réalisation. Les jeunes comptent désormais tirer un maximum de la nouvelle école. Ces jeunes impliqués, qui ont d’ailleurs par leur propre initiative pris en charge l’animation de la cérémonie d’inauguration, auront tôt fait de passer aux actes et de construire d’autres activités, comme le concours de résolution d’énigmes, qui fonctionne bien depuis son élaboration et qui permet de réunir les élèves de tous les niveaux. « Nous voulons créer des activités qui nous rassemblent, explique Danika Boucher. Il y avait une petite tendance des jeunes à se diviser en cliques, nous voulons éviter cela. » La nouvelle configuration des classes permet d’ailleurs un rapprochement entre les élèves du primaire et du secondaire, ne serait-ce qu’en les gardant tous sur le même étage. « C’est important, nous voulons regrouper le primaire et le secondaire », appuie la directrice de l’école du Sommet, Karen Chalmers-Beaulieu. Elle fait part en ce sens que les élèves sont constamment invités à se créer des activités, afin que les grands créent pour les plus jeunes et deviennent pour eux des modèles qui les aideront à se développer. Se battre pour une école francophone Si la cérémonie du 3 juin dernier était chargée d’émotion, c’est qu’elle a certainement rappelé à certaines personnes que l’accès à l’éducation en français n’a pas toujours été dans le paysage des communautés franco-albertaines. La présidente du Conseil d’école, Lise Béliveau, raconte : « En 1975, j’avait 17 ans. Je me suis levée devant l’assemblée de l’ACFA et j’ai dit “Il faut faire quelque chose, on est en train de se faire assimiler!” Aujourd’hui, seulement une génération plus tard, je suis la seule de ma famille, parmi mes cousins et cousines, à envoyer mes enfants dans une école francophone. » Convaincue de l’importance de travailler dur pour conserver la langue française, elle s’est montrée particulièrement touchée par l’attachement que les élèves ont développé envers leur école et la francophonie. La co-présidente du Conseil d’élève Danika Boucher a, à ce propos, livré un discours qui a rejoint les cordes sensibles de l’assemblée, exprimant son amour pour la langue française et son envie de la partager avec tous ceux qui l’entourent. La jeune fille qui termine cette année son cheminement à l’école du Sommet avoue qu’il sera difficile pour elle de partir. « Je vais revenir dans quelques années, dit-elle. Je veux devenir enseignante et revenir à Saint-Paul. » Notons finalement que cette cérémonie aura aussi permis de célébrer 20 ans d’éducation francophone à Saint-Paul.

Editeur : Le Franco