La violence faite aux femmes ne passe pas sous silence
Martin Moisan
Depuis le massacre de Marc Lépine à la Polytechnique de Montréal en 1989, le 6 décembre est devenu la Journée nationale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes.
Dans le petit sentier situé entre le Musée royal de
l’Ontario et le Conservatoire de musique – le Philosopher’s Walk –, plus de 200 personnes avaient une chandelle et une rose afin de ne pas oublier ces femmes décédées suite aux actions violentes d’hommes.
À 18 h, une cérémonie a commencé selon des rites
amérindiens effectués par la chanteuse Dawnis Kennedy devant les cartons installés à la mémoire de celles qui n’ont pas réussi à se sortir de cet enfer.
Cette journée est certes un moment sombre dans
l’histoire canadienne. Cependant, comme l’indique
Isabelle Jeanson, membre du conseil d’administration d’Oasis Centre des femmes, c’est un instant qui a marqué la lutte pour contrer la violence faite aux femmes au pays. « Je n’en reviens toujours pas qu’encore en 2007, nous ayons à nous battre pour l’égalité ou pour avoir droit au respect mutuel des sexes », a-t-elle affirmé juste avant la cérémonie.
Parmi les invités, la chanteuse franco-ontarienne Emerald Doyle a interprété deux pièces significatives pour elle. Au cours de ses années universitaires, la jeune femme a été victime d’abus mental et physique. « Pour moi, c’est
très important de participer à des événements de la sorte », a-t-elle expliqué avant d’interpréter Homeward Bound.
L’abus n’est pas toujours facile à dénoncer et Mme Doyle a mentionné que cela peut prendre plusieurs formes. « Dans mon cas, cela a commencé par un harcèlement psychologique. C’est très sournois. Lorsque l’on est pris à l’intérieur, il n’est pas évident de s’en rendre compte, a-t-elle témoigné. C’est devenu plus sérieux et lorsque la situation s’est transformée en violence corporelle. C’est là que je me suis rendu compte qu’il y avait quelque chose d’anormal. »
Au cours de la cérémonie, elle a aussi chanté Intégrité. Cette pièce fait référence à l’expérience difficile vécue par l’interprète. Cependant, l’essentiel du message est qu’il est possible de sortir de cet enfer. Il ne faut pas avoir peur de briser le silence afin de ne pas terminer comme les 40 femmes assassinées dans la grande région de Toronto au cours de la dernière année. Cette vigile remplie d’émotions a démontré que, malgré toute la sensibilisation, il reste encore du travail à faire pour éviter ces situations de violence aux femmes.
Editeur : Le Métropolitain
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