Accueil 

« Retour | Archives | La une | Éditorial
Le 16 février 2011
Le Moniteur acadien

Pauvre Canada!

De toute évidence, les élections générales auront lieu bientôt. Il n’est pas nécessaire d’avoir le quotient intellectuel d’Einstein pour en faire une prédiction. Grâce à ses manigances stratégiques, notre premier ministre actuel a dirigé un gouvernement minoritaire pendant plus de cinq ans, battant ainsi le record tenu par Lester B. Pearson. En soi, c’est un exploit remarquable. Depuis son accession au pouvoir, notre premier ministre s’est servi de plusieurs ruses machiavéliques. Quand son gouvernement a failli être renversé, en décembre 2001, alors que les trois partis politiques d’opposition annonçaient une coalition, il a crié au scandale. En substance, il déclarait : «Voyez-vous, à Ottawa, un gouvernement incluant des séparatistes? N’est-ce pas là une attaque contre la démocratie?» Avait-il oublié qu’il était le grand spécialiste et le modèle des coalitions? Qui a réuni sous un même chapeau les Réformistes, l’Alliance et les Progressistes-conservateurs? Qui, au pays, a été le premier personnage politique à nier l’arrivée d’une crise financière et économique? Quel leader a promis éviter les déficits? Qui s’est engagé à tenir à date fixe des élections générales? Qui devait abolir les deux dollars que reçoivent les partis politiques nationaux à chaque vote reçu? Qui a prévu modifier la chambre haute par des représentants élus? Qui, pour rester au pouvoir, a prorogé à deux reprises le parlement canadien? Qu’en est-il des déficits et de la dette nationale? Notre situation financière est l’une des pires de notre histoire et la chambre haute est comblée par des amis de notre premier ministre. Les élections à date fixe ne sont plus mentionnées dans le discours. Quand notre pays a été l’hôte du G-8 et du G-20, l’année dernière, plus d’un milliard de dollars furent dépensés pour la sécurité. Les récentes images, en Égypte, ne nous rappelaient-elles pas celles de Toronto de l’été dernier? Et pour quelle raison le gouvernement a-t-il dépensé plusieurs milliards de dollars pour des avions de chasse sans appels d’offre? Est-ce pour faire la guerre? Notre image internationale s’est gravement dété-riorée. On n’a plus de représentant au Conseil de Sécurité. Pour visiter à Dubaï, une complication à ne plus finir. Le Parlement et le Cabinet ne sont plus les vrais dirigeants du pays. C’est plutôt le premier ministre et son bureau. Un style américain, ni plus ni moins. Pauvre Canada! Alcide F. LeBlanc


Editeur : Le Moniteur acadien


« Retour