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Le 30 mars 2011
Le Moniteur acadien

Déplorable pénurie de lits

Il suffit de se rendre au Centre hospitalier universitaire Dr-Georges-L.-Dumont, ces jours-ci, pour constater le manque de lits disponibles. C’est aberrant, pour ne pas dire déprimant, de voir l’urgence où reposent (il faut le dire vite…) une quinzaine de patients installés le long des corridors sur des civières minces et étroites, sans oublier l’élément de la dignité humaine où les petits besoins doivent êtes faits au vu et au su des passants. Les membres du personnel infirmier sont tous débordés par la lourdeur de leurs tâches, c’est-à-dire, d’essayer de maintenir un certain équilibre dans les soins qu’ils offrent aux patients à l’urgence. Ces conditions de travail dépassent le dévouement jusqu’à l’épuisement. Quand on les interroge concernant la possibilité d’obtenir un lit dans l’hôpital, on nous répond timidement : «Nous sommes désolés, mais, en ce moment, aucun lit n’est disponible». On ose leur demander le pourquoi de cette situation. En hésitant un peu, ils nous répondent que «…en ce moment, nous avons plus d’une soixantaine de lits qui sont occupés par des gens âgés qui attendent une place dans un foyer de soins – niveau 3» . Sur l’étage de la gériatrie, le personnel infirmier fait aussi preuve d’un dévouement incroyable auprès de ces personnes «en attente». On rapporte que cette même pénurie de lits existe au Moncton Hospital. Le gouvernement Alward doit se pencher sur cette situation et y trouver une solution. La population vieillissante va augmenter au fil des ans. Au Nouveau-Brunswick, on compte actuellement 119 000 citoyens âgés de 65 ans et plus. D’ici 2036, ce nombre va augmenter à 235 000, donc, ce problème de manque de lits va continuer d’exister tant et autant que nos foyers de soins privés n’offriront pas les soins au niveau 3. Le gouvernement du Nouveau-Brunswick ne devrait-il pas octroyer des subventions aux foyers de soins privés pour leur permettre financièrement d’offrir des soins non seulement aux niveaux un et deux, mais aussi au niveau trois? Alward y a-t-il pensé? Sinon, c’est à la population de réagir et de s’assurer qu’il va y penser, et ce, très bientôt. Il sera trop tard quand notre personnel infirmier se dirigera vers un autre domaine pour se décrocher un emploi moins stressant et moins exigeant. Jeannita Thériault


Editeur : Le Moniteur acadien


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