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Le 13 avril 2011
Le Moniteur acadien

Enfin, on ressuscite Jean-Marie Simard!

Les jeunes d’aujourd’hui n’ont pas connu le sénateur Jean-Marie Simard…dommage! Cet homme, d’origine québécoise, n’avait peur de rien. Surtout, il n’avait pas peur de se dire francophone lorsqu’il s’est lancé sur la scène politique provinciale et qu’il habitait Fredericton - une ville à majorité anglophone. À l’époque de l’ancien premier ministre, Richard Hatfield, Jean-Marie Simard est devenu son lieutenant francophone, et pour raison. Son tempérament fougueux, son pouvoir de conviction ainsi que son pouvoir de séduction auprès des journalistes, le rendaient intéressant, convaincant, efficace et vivant. Rares étaient les journalistes qui ne répondaient pas à ses invitations de déjeuners, genre scrums, à l’ancien hôtel Beauséjour, aujourd’hui devenu le Delta de Moncton, lorsqu’il faisait partie du cabinet Hatfield. C’est alors qu’il réussissait à nous partager ses convictions et ses projets d’avenir susceptibles d’accroître les droits des francophones du Nouveau-Brunswick. C’était un grand communicateur, un politicien très très coloré qui aimait beaucoup la controverse. Certes, il aimait la controverse, mais il savait toujours s’en sortir avec brio. Il était déterminé de changer le paysage linguistique de notre province. On lui doit l’adoption de la loi 88, qui reconnaît l’égalité des communautés francophones et anglophones au Nouveau-Brunswick. Lorsque l’ancien quotidien, Le Matin, a traversé des moments de rentabilité difficiles et incertains, Jean-Maurice Simard, alors sénateur, a pris un congé du Sénat canadien pour venir à Moncton dans le but de donner un nouveau souffle au quotidien francophone. Je me rappelle qu’un jour, j’étais journaliste au Matin, il s’approche de mon pupitre pour me demander quels seraient les moyens à prendre pour rentabiliser ce quotidien. Il était très concerné et n’avait pas peur de consulter ses journalistes, bien que je doive avouer aujourd’hui que je n’avais pas de réponses encourageantes à lui donner dans le temps. Je vois toujours son visage attristé lorsque Le Matin a été contraint de fermer ses pages. Les artistes l’aimaient beaucoup et c’était réciproque. Ils pouvaient toujours compter sur l’appui de leur ami «Jean-Maurice». Actuellement, nous aurions besoin d’un politicien de la trempe de Jean-Maurice Simard à Fredericton. Un politicien qui saurait influencer et convaincre le premier ministre Alward de mieux appuyer nos artistes. Bravo à Marjorie Pedneault, ancienne journaliste, qui ressuscite Jean-Maurice Simard par l’entremise de sa biographie intitulée Un coup de cœur s’est fait entendre. Jeannita Thériault


Editeur : Le Moniteur acadien


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