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Publié le mercredi 11 novembre 2009 | Mis à jour le mercredi 11 novembre 2009

Bernard Cloutier écope d’une peine de cinq ans

Hugo Duchaine

Sudbury - Le père Bernard Cloutier a été condamné à une peine de cinq ans de prison lundi soir dernier au Palais de justice de Sudbury pour des abus sexuels commis sur quatre jeunes hommes entre 1973 et 1983.

Soulignons que le père Cloutier avait été reconnu coupable de 11 chefs d’accusation pour agressions sexuelles, grossières indécences et attentats à la pudeur le 16 juillet dernier par le juge Paul Kane.

Le père Cloutier, qui a quitté la salle d’audience avec les menottes, a toujours plaidé non coupable aux accusations et a déjà fait une demande pour aller en appel du jugement de la Cour.

Parmi les facteurs aggravants énumérés par le juge Kane alors qu’il rendait sa décision, notons le nombre répétés d’attouchements commis sur les jeunes garçons alors âgés de 12 à 16 ans, la longue période au cours de laquelle se sont échelonnés les abus sexuels et l’abus de pouvoir et de confiance dont a fait preuve le père Cloutier, alors qu’il avait une place privilégiée au sein des familles de sa paroisse de l’époque.

Le juge a aussi fait mention des dommages psychologiques causés aux quatre victimes et les familles de ceux-ci.

L’âge avancé du coupable, 68 ans, et le fait qu’aucune autre agression n’ait été signalée au cours des 25 dernières années composaient les facteurs atténuants énoncés par le juge Kane.

L’avocat de la défense avait d’abord demandé au juge une peine de deux ans moins un jour, alors que l’avocate de la couronne suggérait une peine de huit ans.

«Cinq ans, c’est une bonne sentence considérant que près de 60 paroissiens de Saints-Anges à North Bay ont écrit des lettres vantant les mérites du père Cloutier dans leur paroisse», explique la procureure de la couronne, Diana Fuller.

Deux victimes, préférant garder l’anonymat, ont affirmé que la sentence leur apportait beaucoup de soulagement.

«J’ai dénoncé les gestes du père Cloutier pour la première fois quand j’avais 12 ans, mais personne ne m’a cru et j’ai dû vivre avec la honte pendant 27 années durant lesquelles j’ai traversé des dépressions et consommé de la drogue. Ce sera finalement son tour de porter sur ses épaules une partie du fardeau», raconte l’une des victimes, qui avoue avoir perdu toute confiance en l’Église catholique.

«Les actes sexuels que m’a fait subir le père Cloutier hantent mes rêves presque toutes les nuits», révèle l’une des quatre victimes, aujourd’hui père de famille.

En 1983, deux enquêteurs du Service de police de Sudbury s’étaient rendus au domicile de l’une des victimes, mais le père Cloutier et l’évêque Dionne les avaient devancés et avaient convaincu les parents que le père Cloutier n’avait rien fait de mal.

Editeur : Le Voyageur