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Mon avenir c'est ici
Le 21 mars 2005 Numéro 15
Savoir prendre sa place au Canada
Par Dianne Paquette-Legault
Editeur : Association de la presse francophone (APF)
«Je n’ai aucun regret d’avoir choisi le Canada. C’est un pays où l’on peut prendre sa place, mais ça prend de la patience. » Marie Carmel Jean-Jacques parle en ces termes de sa terre d’accueil.
«Je le ferais encore, en suivant le même parcours… Mais il faut trouver les bonnes personnes, avoir le courage de foncer et être dynamique. Je remercie Dieu d’avoir mis des gens de bonne foi sur mon chemin », confie Mme Jean-Jacques.
C’est en septembre 1972 que la jeune femme de 22 ans est arrivée à Montréal de son Haïti natal. Elle croyait, à ce moment-là, que seul un voyage à l’étranger pouvait lui garantir un avenir meilleur. Trente-trois ans plus tard, elle avoue qu’elle serait prête à recommencer. Pourtant, elle avait laissé derrière ses parents ainsi que quatre frères et deux sœurs qui ont éventuellement suivi ses traces. «À 22 ans, on n’a peur de rien. On prend des risques calculés », relate-t-elle.
«Je voulais étudier et travailler parce que le travail, c’est la liberté. Je voulais avoir un certain pouvoir d’achat et assurer un bel avenir à ma famille même si je n’étais pas mariée », poursuit celle qui a obtenu sa citoyenneté canadienne en 1975.
La jeune haïtienne avait arrêté son choix sur Montréal puisqu’une copine y était déjà établie et qu’elle voulait étudier en français. «Une semaine après mon arrivée, je commençais à travailler ». L’année suivante elle était mariée à son copain haïtien et ils prenaient la direction du Gabon pour quelques années avant de regagner le Canada pour de bon.
Aujourd’hui, Mme Jean-Jacques est conseillère pédagogique au Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario (CEPEO). Elle a complété un baccalauréat en administration des affaires à l’Université du Québec à Montréal puis un baccalauréat en éducation de l’Université d’Ottawa.
Sa famille a fait le saut de Montréal à Ottawa en 1992 parce qu’il était devenu difficile pour Mme Jean-Jacques de percer davantage dans le domaine de l’administration. À Ottawa, elle a effectué du bénévolat dans une école et a appris qu’elle pouvait retourner sur les bancs d’école l’espace d’une seule année afin d’obtenir son brevet d’enseignement. Il n’en fallait pas plus.
«Je m’y plais énormément en éducation, d’autant plus que je travaille en français. Au conseil scolaire, je suis responsable de la mise en œuvre des programmes d’actualisation linguistique en français et du perfectionnement en français ».
Mme Jean-Jacques habite Ottawa avec son mari et leurs deux enfants. Cette femme à la feuille de route impressionnante est active auprès de son église où elle aide les femmes immigrées à prendre la parole et à se prendre en main financièrement.
En mars 2003, elle était décorée de la Médaille du jubilé de Sa majesté la Reine Elizabeth II en reconnaissance de son engagement exceptionnel envers sa profession enseignante et sa communauté.
Elle a, entre autres, présidé pendant cinq ans le Comité provincial de consultation sur la condition des femmes en éducation de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO). «Sans être une féministe à outrance, je m’intéresse au problème de l’équité des femmes. On vit dans une société où il y a encore une grande différence entre les hommes et les femmes », reconnaît-elle.
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