Le 23 novembre 2005
Volume 3
Numéro 44
L'Action
Visite de l’ambassadeur de France à l’Université Western
Par : Manon Monette
Editeur : L'Action
London-
Dans le cadre de la Journée de la France tenue à l’Université Western Ontario (UWO), l’ambassadeur de France au Canada, Daniel Jouanneau, était reçu pour parler des relations entre le Canada et la France. Une cinquantaine de personnes a assisté à cette conférence qui avait lieu jeudi, le 10 novembre dernier. Malgré le thème lié aux relations entretenues entre les deux pays, l’assistance a eu droit à plusieurs commentaires sur des sujets qui débordaient de ce cadre. Certaines politiques intérieures relatives à l’intégration des minorités culturelles ont entre autres été abordées.
Questionné sur la représentativité au parlement, l’ambassadeur a reconnu que la France avait du rattrapage à faire en ce domaine. À ce propos, il a souligné l’absence de députés issus des minorités culturelles dans son parlement et le fait que la représentativité en politique représente «un des grands succès canadiens et une des grandes insuffisances françaises».
Tout en reconnaissant les différences culturelles qui existent au sein de la francophonie, M. Jouanneau a tenu à défendre la politique de son pays envers les minorités culturelles qu’il abrite. Connue à travers le monde, cette politique qui met l’égalité entre les Français à l’avant-plan a quelquefois été critiquée. Certains disent parfois de la France qu’elle nie les différences culturelles qui existent en son sein. Cependant, selon M. Jouanneau, la lutte envers la discrimination raciale constitue une priorité nationale pour le gouvernement français.
Par ailleurs, il a invité le Canada à la vigilance face aux fondamentalistes et en a profité pour saluer le courage du gouvernement McGuinty d’avoir refusé l’instauration en Ontario d’un tribunal islamiste basé sur la charia. L’ambassadeur a d’ailleurs tenu à dire que face à l’intégrisme musulman, les représentants de la France seraient «extrêmement fermes». Pour mieux soutenir ses propos, il a apporté l’exemple de l’expulsion récente d’un imam de Lyon pour avoir encouragé les hommes à lapider leurs femmes soupçonnées d’avoir commis l’adultère.
L’ambassadeur montre beaucoup de respect et de considération pour les francophones du Canada avec «une pensée particulière pour les francophones hors Québec». Il reconnaît toutefois que les actions de la France se limitent à promouvoir les échanges entre universités et à dispenser des cours de français langue seconde par l’entremise de l’Alliance française, tout en affirmant que le gouvernement de son pays est prêt à resserrer les liens avec la francophonie canadienne hors Québec. Au sujet des noyaux isolés de francophones dans certains coins du Canada, il dit ne pas considérer qu’ils sont isolés étant donné l’existence des Alliances françaises près de ces milieux. En clair, il accorde le premier rôle de maintien de la francophonie aux francophones eux-mêmes, attribuant le deuxième rôle au gouvernement canadien.
Des étudiants et des membres du personnel non seulement des domaines de l’économie et de la politique s’étaient réunis dans une salle du Somerville House à l’UWO, mais aussi des étudiants et employés du Département de français. Les questions ont donc fusé en français, de même que la plupart des réponses de l’ambassadeur. Celles-ci portaient aussi bien sur la discrimination raciale potentiellement à l’origine des troubles des dernières semaines dans les banlieues françaises que sur les relations Canada-France et la préservation de la culture et de la langue française au Québec.
Le directeur du Département de français de l’UWO et coordonnateur de l’échange d’étudiants avec l’Université de Nice, Jeff Tennant, explique que cette Journée de la France a pour but de souligner les coopérations entre les universités françaises et l’UWO. Selon M. Tennant, 15 étudiants partiront étudier à Nice cette année.
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