Le 19 octobre 2005
Volume 3
Numéro 39
L'Action
Où sont les francophones de Lambton ?
Par : Yves Tremblay
Editeur : L'Action
Sarnia-
Il y avait à peine 20 personnes au dernier spectacle organisé par le club Jolliet à Sarnia, de quoi décourager les organisateurs qui mettent tant d’énergie à planifier un événement artistique et culturel pour les francophones de la région.
Les artistes, par passion, réussissent à donner les munitions nécessaires à la francophonie pour qu’elle puisse rayonner dans toute sa splendeur à travers le monde. Si personne ne les encourage et n’écoutent ce qu’ils ont à dire, certaines communautés seront bientôt en proie à perdre le privilège qu’elles ont de voir et d’entendre des interprètes francophones près de chez eux. C’est le sentiment de plusieurs intervenants de la communauté francophone de Sarnia.
Les organismes francophones et les écoles utilisent les ressources disponibles et les initiatives ne manquent pas : «On fait partie de Réseau Ontario (marché du spectacle de l’Ontario français), lequel englobe tous les clubs culturels francophones, explique Lise Ruest, directrice du Centre culturel Jolliet. On fait des essais pour connaître ce que les gens aiment. De plus, on a déjà organisé des sondages mais les gens ne répondaient pas.» Pour ce qui est du facteur monétaire, elle soutient que le prix était très raisonnable. Il coûte rarement plus cher que 15 $ pour assister à un spectacle. Mme Ruest y est aussi allée de quelques suppositions : «Peut-être est-ce parce que les gens préfèrent voir des artistes connus plutôt que ceux de la relève ? On est en début de saison, peut-être que les gens sont trop débordés!»
La présidente du Club, Louise Bélair, a émis quelques suggestions. «On devrait peut-être faire de la publicité sur les stations de radio anglophones. Ou encore encourager les écoles à distribuer des disques aux élèves et même à les utiliser dans une perspective académique.»
Alain Lacasse, directeur de l’école secondaire Franco-jeunesse, aborde le sujet sous un autre angle : «Si la personne n’est pas membre d’un club francophone, il est peu probable qu’elle soit au courant; quant à ceux qui ont un conjoint ou une conjointe qui ne connaît rien du français, il ne faut pas se surprendre s’ils ne viennent pas», tranche-t-il. Il ajoute qu’en général «les francophones ont de la difficulté à se tenir». Plusieurs questions resteront sans réponse. Toutefois, leur démarche ne les pousse pas tant à trouver les raisons de l’absence des Franco-Ontariens aux spectacles que des solutions au problème.
Au cœur de cette dure bataille qu’est celle du français dans le contexte minoritaire et dans l’ère de la convergence des médias dans lesquels il évolue, l’Ontario français a tout de même grandi selon les derniers sondages de l’Office des Affaires francophones. Comme Yves Duteil le disait si bien dans sa chanson La langue de chez nous, la langue française n’a-t-elle pas réussi jadis à «jeter des ponts par-dessus l’Atlantique» ?
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