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27 novembre 2001


PHILIPPE PERRIN, UN FRANCAIS DANS LES ETOILES

Par : Sylvie Bullo
Editeur : Actualités en France


Largement présente dans la recherche spatiale, la France verra s'envoler au printemps prochain, l'un de ses astronautes de renom, Philippe Perrin. Objectif : rejoindre la station spatiale internationale, l'ISS.

"J'attendrai mon jour !" s'est exclamé Philippe Perrin en apprenant la nouvelle. De quoi faire pousser des ailes à cet astronaute français du CNES (Centre national d'études spatiales) qui réalisera, en mars prochain, son premier vol dans l'espace. Un vol pas ordinaire pour une mission qui ne l'est pas non plus. A bord d'une navette américaine, il rejoindra la future ISS (Station spatiale internationale) afin de poursuivre l'assemblage de ce meccano géant.

"C'est un métier extraordinaire que l'on fait par exaltation mais aussi pour la France et pour la recherche scientifique" a déclaré l'intéressé qui occupera dans cette mission le poste d'ingénieur de bord. Cinq mois après la désormais célèbre Claudie André-Deshays, partie elle en octobre, Philippe Perrin sera donc le deuxième français et européen à avoir été sélectionné par le directeur de la NASA, Daniel Goldin. Lancé en 1998, ce gigantesque chantier de l'espace largement international devrait s'achever autour de 2006. En juillet 2000, un module russe, Zvesda (Etoile) avait rejoint avec succès le module américain Unity, lui-même raccordé à un autre module russe, Zarya (Aube).

L'ISS, qui dispose désormais de panneaux solaires, est occupé en permanence depuis novembre 2000. Ses premiers habitants, deux russes, Iouri Guidzenko et Sergueï Krikaliov, et un Américain, William Sheperd. En février 2001, l'adjonction du module américain Destiny fait de cette station spatiale le plus grand complexe orbital jamais assemblé dans l'espace. Long de cinquante et un mètres, large de soixante-douze mètres, haut de vingt-sept mètres, l'ISS représente une masse de cent-douze tonnes pour quatre cent quatorze mètres cube habitables. Outre sa brosse à dents, Philippe Perrin emportera dans ses bagages des instruments scientifiques italiens pour Destiny. Mais l'essentiel de sa mission consistera à mettre en place le MBS (Mobile base system), une unité mobile télécommandée. Elle permettra au bras télémanipulateur, construit par le Canada et fixé sur l'immense treillis métallique de la station, de se déplacer autour de la station, réduisant ainsi le nombre de sorties dans l'espace des astronautes, phases toujours délicates. Et la station pourra alors remplir son objectif premier : la recherche scientifique.

Pour mener à bien une telle mission, un entraînement de la plus grande rigueur est de mise. Depuis le mois de mai dernier, Philippe Perrin travaille encore plus dur au "Johnson space center", à Houston (Texas). Un centre qu'il connaît bien pour l'avoir rejoint en 1996, date à laquelle le Centre national d'études spatiales (CNES) annonce sa sélection comme astronaute. Aller dans l'espace n'était pas pour lui un caprice d'enfant gâté, mais l'aboutissement d'un rêve et une façon de parachever un parcours de haut vol. Né le 6 janvier 1963 à Meknès au Maroc, il intègre la prestigieuse Ecole polytechnique en France, en 1982. Pendant ses études, il effectue son service militaire dans la marine ; le voilà parti sur les flots de l'Océan indien six mois durant. Mais une fois ingénieur, il choisit de rejoindre l'armée de l'air. Premier de sa promotion, il devient pilote et décolle de la base aérienne de Strasbourg, dans l'est de la France, à bord d'un Mirage pour des missions en Arabie saoudite et en Afrique. Quelques années plus tard, en 1993, on le retrouve pilote d'essais, puis pilote de ligne. Un chemin en ligne droite qui le conduit tout naturellement au CNES, puis à la NASA à Houston. A son actif, vingt-six missions de combat, et plus de 2 500 heures de vol sur plus de trente types d'appareils, de l'avion de chasse à l'Airbus. Un beau palmarès, récompensé par une Légion d'honneur en 1999.

Les pieds sur terre, il redevient un papa comme les autres, qui s'occupe de ses deux enfants et qui emploie son temps libre à lire et relire des ouvrages sur l'histoire des sciences, à faire de la voltige aérienne, ou encore de la plongée sous-marine. En s'élançant vers les abysses ou vers la stratosphère, Philippe Perrin a trouvé dans les extrêmes son juste équilibre.





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