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14 mai 2001

L'Aviron

L'avenir des appareils de loterie vidéo est entre vos mains

Annie L. Levesque

Le 14 mai prochain, les citoyens des différentes municipalités de la région devront faire valoir leur droit en votant aux élections municipales. Au bas du bulletin de vote, la population devra répondre à une question concernant un système d'appareils de vidéo loterie réglementé ou un système non-réglementé. Celle-ci se posera comme suit: La province du N.-B. devrait-elle continuer à permettre l'usage légal et réglementé d'appareil de pari vidéo (connu sous le nom de loterie vidéo) oui_ non _ ?

Un moment historique est présentement à nos portes. Depuis les dernières 40 années, il n'y a eu aucun référendum au N.-B. En 2001, c'est par la voix du peuple que le gouvernement provincial se prononcera sur l'avenir des appareils de loterie vidéo. Selon le secrétaire exécutif de l'Association représentant les propriétaires d'appareils de pari vidéo du N.-B., Rick Bouchard, la période est critique. « Les gens s'intérrogent sur le choix à faire... À l'Association, nous ne croyons pas que la prohibition est nécessaire. On a vécu l'expérience dans les années '20 avec l'interdiction de vendre de l'alcool aux États-Unis et on a vu les résultats que ça a apporté... Ça a été un échec total,» d'indiquer M. Bouchard lors d'un entretien téléphonique avec L'AVIRON.

«La question n'est pas de nous débarasser des machines à sous vidéo. La question est de savoir si l'on veut un système réglementé ou si l'on veut mettre fin à un système réglementé... La seule loi que les gouvernements provinciaux peuvent faire respecter à ce sujet, c'est qu'il deviendra illégal de payer quelqu'un qui gagne en jouant à la machine,» d'affirmer Rick Bouchard.

D'après le surintendant en chef, P.Y. Bourduas, agent national de la GRC pour la lutte contre le crime lors d'une interview à l'émission Information Morning, du réseau anglophone provincial de Radio-Canada, si on regarde le scénario plausible ici au N.-B., il y a tout lieu de croire que le crime organisé prendrait définitivement la relève.

Répercussions
Dans la région du Restigouche, au moins quatre personnes perdraient leurs emplois à la suite d'un vote majoritaire pour le «non». Le propriétaire de Frenette Amusements, petite entreprise de Campbellton qui s'occupe d'appareils vidéo loterie, M. Charles LeBlanc, affirme que quelque 150 emplois sont reliés indirectement aux opérateurs d'appareils du genre. «C'est une grosse industrie... et là je parle de tout le N.-B. Les retombées économiques sont énormes. On parle de plusieurs centaines de millions $ dont quelques milliers reviennent dans la région du Restigouche,» de dire M. LeBlanc. «Que ce soit les fournisseurs, les réparateurs, l'essence que ceux-ci achètent, l'achat des véhicules pour faire travailler nos employés, toute cette argent là, elle reste dans notre région,» de poursuivre le propriétaire concerné.
M. LeBlanc est d'accord d'affirmer qu'il existe des joueurs compulsifs. «Mais il y a de l'aide... Que ce soit dans n'importe quel domaine où il y a de l'abus. Et même si les machines partent, ils (joueurs compulsifs) vont trouver une autre façon de jouer... Il y a 5% de joueurs compulsifs au N.-B., et on ne parle pas seulement d'appareils vidéo loterie. Le reste des joueurs, soit 95% et plus, sont des joueurs qui s'amusent. Pourquoi une question seulement sur les appareils de vidéo loterie déjà contrôlés par le gouvernement et non sur tout les jeux d'argent en général, que ce soit le bingo, les billets de loto, les gratteux, etc...»

Des appareils contrôlés
Le comité pour des jeux responsables et réglementés, formé de l'Association des détenteurs de permis du N.-B., qui représente 780 établissements licenciés, Spielo Manufacturing Inc. et Hi-Tech Gaming.com, confirme que l'industrie néo-brunswickoise de la loterie vidéo vaut 110 millions $ par année, dont 50 millions vont directement au gouvernement provincial. Selon ce même comité, il existe une différence en matière de gestion de l'industrie du jeu. Soit les appareils qui sont contrôlés par le gouvernement et ceux qui ne le sont pas. « En imposant des contrôles, on a mis l'industrie en ordre et, aux joueurs d'appareils de loterie vidéo à problème, on a donné accès à de l'aide. »

Avant la légalisation, on estime qu'il y avait de 5000 à 7000 appareils de loterie vidéo au N.-B. Aujourd'hui, on compte environ 2 700 appareils légaux dans la province. Ils ne sont accessibles qu'aux adultes de 19 ans et plus et seulement dans les établissements licenciés. On doit aussi rappeler que les appareils de loterie vidéo ont été retirés des dépanneurs il y a deux ans,» d'indiquer un membre du comité.


Editeur : L'Aviron


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