Le 12 décembre 2003
L'Aviron
Difficultés d'apprentissage
Micheline Lizotte vit avec la dyscalculie
Louise Décary
Pour Micheline Lizotte, étudiante au CCNB de Campbellton en Technique d'intervention en service communautaire, découvrir son handicap fut une chose. S'adapter à la dyscalculie alors là, c'est une autre histoire.
La dyscalculie est une difficulté d'apprentissage du calcul, liée à une difficulté d'utilisation du système symbolique. Lire et compter tout comme respirer et manger sont des fonctions vitales qui font partie du quotidien. Ceux qui n'ont pas d'handicap les prennent pour acquis, tandis qu'une personne ayant un handicap tente de s'adapter à cette déficience. Toutefois, le nouveau Centre de soutien à l'apprentissage du Collège Communautaire de Campbellton améliore le sort des étudiants ayant un handicap et pour Micheline c'est une révélation.
De la découverte à l'apprentissage Micheline a fait son entrée au CCNB de Campbellton en 2001. Dans sa première année, elle a échoué cinq cours. «J'étais découragée, frustrée... J'étudiais un minimum de trois semaines avant un examen, je mangeais mes livres et j'échouais avec des notes comme zéro ou encore 10 sur 100. J'ai arrêté d'aller au collège tellement j'en pouvais plus» a expliqué Micheline. C'est alors qu'elle a décidé d'aller voir la conseillère en orientation. Après consultation, la conseillère l'a envoyé à Moncton voir le spécialiste Éric de Grand-Maison pour se faire évaluer.
«Lorsque j'ai eu mon diagnostic, j'ai été soulagé à plein. Le spécialiste a dit que je faisais de la dyscalculie avec mémoire courte. Et il m'a expliqué, c'était quoi mon problème. Il m'a aussi dit que ma lecture et mon français était au-dessus de la moyenne et que même si j'avais un trouble d'apprentissage j'étais bonne pareille» a-t-elle dit. Suite à cette évaluation, Micheline a reçu le soutien des intervenants du collège et depuis sa charge d'étude a été adapté à ses besoins en plus de recevoir le logiciel Kurzweil-3000(outil d'apprentissage qui transforme le texte en langage). «Si mon problème avait été dépisté avant ce temps-là, peut-être que j'aurais pu aller à l'Université. Je me rappelle quand j'étais en 4e année, je n'arrivais pas à retenir mes tables de multiplications et l'enseignante me les faisait copier 100 fois. Ma mère aussi me poussait, mais je n'y arrivais pas, je pensais que j'étais bonne à rien. Lorsque je me rendais à un examen, je me souvenais de mon nom et c'est à peu près tout. L'information était comme figée-là, je ne pouvais pas aller la chercher» explique-t-elle.
Aujourd'hui, c'est autrement elle raconte: «Je n'ai pas seulement eu un logiciel d'apprentissage au Collège. J'ai de l'encouragement. Quand j'ai commencé avec ce programme, mes notes n'ont pas monté tout d'un coup comme je pensais. Elles ont monté progressivement et je devais m'adapter, pendant tout ce temps les intervenants du centre m'épaulaient. Maintenant, je fais des 100 pour cent! Je suis fier de moi!»
La leçon Malgré ces obstacles Micheline a toujours persisté: «Il faut foncer, aller au collège, parce que quand on veut, on peut! Rien ne m'arrêtera, ça me donne le goût d'aider les enfants, parce que lorsque tu as ce genre de problème tu le détectes plus vite chez les autres.»
Editeur : L'Aviron
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