Le 23 janvier 2004
L'Aviron
La crise de la vache folle
Les producteurs de Matapédia sont affectés
Louise Décary
En mai 2003, l'Alberta connaissait un premier cas de crise de vache folle. Un deuxième cas fait les manchettes à la fin 2003. Cette fois, il est dans l'État de Washington aux Etats-Unis. Les tests d'ADN démontrent que le bovin provenait de l'Alberta. Un autre coup dur pour les éleveurs Canadiens pas encore remis de la crise initiale. Un producteur de Matapédia raconte.
Étienne Lagacé, propriétaire avec son épouse Carole LeBlanc de la Ferme R et E Lagacé de Matapédia, est un éleveur de veau d'embouche. Depuis la crise de la vache folle, il connaît une baisse dans ses revenus comme beaucoup d'autres producteurs de b¦uf de la Gaspésie et du Nouveau-Brunswick. «Nous sommes chanceux dans notre malchance mon épouse et moi parce que nous avons un deuxième emploi" a expliqué Étienne Lagacé. Cependant, il a affirmé que si ce n'était pas de ces emplois, les temps seraient dure. «À l'heure actuelle, je nourris 10 vaches de plus, parce que je ne les ai pas vendus. Les prix étaient trop bas.»
Au dernier encan, un producteur de veau d'embouche pouvait obtenir 1$ la livre. C'est loin des bonnes années, alors qu'il obtenait de 1,39$ à 1,40$ la livre. Ce qui est plus étonnant encore c'est le prix de la vache de réforme. Une vache de réforme est une vache qui a un problème de reproduction, ou de pis. Au dernier encan le prix à la livre était de 0.11$. «Un bovin de réforme se vendait habituellement 800$, là a.11 cents la libre. Si ta vache pèse 1000lbs, elle te rapporte 110$. Il y a autour de 80$ de frais de transport, il reste 30$ et le gouvernement compense avec 245$ la tête. Ça fait un manque à gagner de 525$. Sauf que le gouvernement ne peut compenser toutes les pertes, c'est impossible. On ne peut pas s'attendre à avoir des millions, on serait mieux de se concentrer à régler le problème. Là, c'est juste un «plaster» sur le bobo.»
S'organiser
Il y a quelqu'un qui met de l'argent dans ses poches parce que le prix du boeuf sur les tablettes ne baisse pas. «Faut s'organiser avant de se faire organiser!» a lancé le producteur.» Dans des situations comme celle-ci, t'as beau dire que tu vas couper les dépenses mais il y a des choses que tu ne peux pas couper. «La solution serait de développer notre marché.»
Actuellement, l'abattoir Levinoff situé à Montréal a le monopole de la situation. Selon les producteurs de b¦uf, il profite de la situation et fait de gros profit.
M.Lagacé à son opinion là-dessus: «C'est sûr que si on se réunissait pour avoir notre propre abattoir, ça serait mieux. Il y a quelques années, on avait construit un abattoir au Lac au Saumon, et ça n'avait pas fonctionné. Il faudrait un abattoir pour abattre nos propres animaux et faire notre marché. Au plus gros, plus fort la poche. Nous les producteurs, on est tous des petits, c'est facile de nous mettre le pied dessus. Mais si on se tient et on va tous dans la même direction, on viendrait à bout de se faire un marché.» Les animaux d'ici consommé par les gens d'ici...
Editeur : L'Aviron
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