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Le 30 avril 2004

L'Aviron

Un vétéran oublié La famille de M.Bouchard demandait un minimum de reconnaissance

Par : Louise Décary
Editeur : L'Aviron

Comment expliquer ce qu'un vétéran ressent à son retour de la guerre. Sera-t-il marqué à vie après avoir vu ces atrocités? Les jours suivants sa mort, une cérémonie spéciale sera-t-elle célébrée en son honneur pour services rendus?

La famille du vétéran Arthur Bouchard souhaitait suite à son décès, recevoir du pays qu'il a défendu un minimum de reconnaissance. Mais, ce ne fut pas le cas. Ni drapeau, ni couronne lui faisaient honneur pour les services qu'il a rendus.

L'historique
En Europe, lors de la deuxième guerre mondiale, son compagnon d'arme est décapité sous ses yeux. Suite à une confrontation avec l'ennemi, il a survécu trois jours dans les tranchés avant d'être trouvé parmi les morts. Tragique. Cependant, cette histoire n'est pas un cas isolé. À son retour de la guerre en 1947, M.Bouchard épouse Léona. Douze beaux enfants résultent de cette union. Malheureusement, les temps sont durs et l'ouvrage rare. D'autres parts, les effets secondaires de la guerre se font sentir. M. Bouchard souffre de blessures invisibles. Le syndrome de stress post-traumatique l'afflige, souvenirs envahissants, troubles du sommeil, irritabilité, colère. «Il aurait aimé se faire soigner!» a lancé Alcida Bouchard, nièce de M.Bouchard «mais, il en était incapable. Nous l'avons encouragé à plusieurs reprises de consulter. Rien à faire! Il avait peur. De plus, son gouvernement ne lui disait plus rien. Il ne voulait même pas de pension de vétéran.» M.Bouchard est victime de violentes crises d'angoisses. «Un rien pouvait déclencher ses crises. Le passage d'un avion, un bruit similaire à la guerre et en un rien de temps il se croyait toujours sur le front» explique sa nièce. L'année dernière, M.Bouchard est décédé. Au moment de son enterrement, rien n'indiquait qu'il avait servi son pays. «Les vétérans sont oubliés et mal servis!» a dit Alcida Bouchard. «Mon oncle n'a jamais reçu de pension de vétéran, parce qu'il le voulait. Aujourd'hui, nous devons nous battre pour obtenir quelque chose pour sa veuve. Ça ne devrait pas être.»



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