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Bienvenue sur le site de la chronique «Sur le bout de la langue»
Le 6 juin 2003
Sur le bout de la langue
Bizarre autant qu’étrange
Par : ANNIE BOURRET
Editeur : Association de la presse francophone
Dans toute culture, certains gestes renforcent des messages, voire les remplacent. Je pense particulièrement au hochement de tête de gauche à droite. On l'emploie machinalement pour montrer sa réprobation silencieuse ou pour accompagner un « non » bien audible. Cela est tellement évident qu'il ne nous vient pas à l'esprit que ce mouvement puisse signifier autre chose.
Une Nigériane m'a un jour raconté la malheureuse aventure d'une professeure occidentale, partie enseigner dans une école du Nigéria. À la fin de son premier cours, l'enseignante demande aux élèves s'ils ont compris. Avec un bel ensemble, les enfants hochent vigoureusement la tête de gauche à droite. Sans se démonter, l'enseignante recommence son exposé, le concluant par la même question et obtient la même réponse des élèves. Un peu découragée, elle annonce la récréation. Elle apprit plus tard ce que vous avez sans doute déjà deviné : ce hochement de tête signifie « oui » au Nigéria.
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Il existe des définitions de termes qui me laissent rêveuse en raison de leur précision. En voici une, alambiquée à souhait, de ce que l’on ne saurait montrer à la station balnéaire de Saint Augustine [sic] en Floride...
Partie arrière du corps humain qui se situe entre deux lignes imaginaires parallèles au sol lorsqu'une personne est debout, la première de ces lignes, ou ligne supérieure, se situant au sommet de la séparation des masses charnues (c'est-à-dire les renflements formés par les muscles allant de l'arrière de la hanche à l'arrière de la jambe), et la seconde, ou ligne inférieure, située au plus bas du point visible le plus bas de cette séparation ou du point le plus bas de la courbe de la protubérance charnue, et entre les lignes imaginaires situées de chaque côté du corps, lignes perpendiculaires au sol et aux lignes horizontales décrites ci-dessus, lesquelles lignes perpendiculaires sont tirées par le point auquel chaque masse charnue rejoint la partie extérieure de chaque jambe.
Ouf! Exercice d'arpentage mis à part, avez-vous reconnu la partie de l'anatomie humaine si minutieusement décrite? Larousse et Robert n'ont qu'à aller se rhabiller, avec leurs chiches parties charnues de la région du bassin chez l'être humain et chez certains mammifères.
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Dans ma chasse personnelle contre les faux anglicismes, j'ai repéré le mot pique-nique en relisant le savoureux répertoire d’Hélène Matteau, intitulé Les mots de la faim et de la soif. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, c'est la langue anglaise qui a emprunté son mot pick-nick à la langue française, environ 50 ans après que le terme pique-nique soit né en français. Il s'agit donc d'un gallicisme de l'anglais et non d'un anglicisme du français.
Le mot oxymoron est également tout à fait français. Il vient du grec et désigne une figure de rhétorique consistant à associer deux mots de sens contradictoire (une douce violence). On perçoit le mot comme étant un anglicisme parce qu’il est d’usage plus courant en anglais qu’en français et que la rhétorique ne s’enseigne plus beaucoup dans la langue de Molière…
Enfin, on pourrait croire que l’expression de seconde main est un calque de l’anglais second hand. En fait, la tournure de seconde main tire son origine du sens de la locution de première main, employée au XVIIe siècle pour parler des objets achetés neufs. J’aurais aimé pouvoir dire que l’anglais a emprunté ces deux expressions au français, mais comme on les utilisait aussi en Angleterre au XVe siècle, il serait plus prudent de conclure à un emprunt à l’anglais datant d’il y a si longtemps qu’on ne peut considérer qu’il s’agisse là d’anglicismes.
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