Le 18 mai 2005
Journal de Cornwall
Auteur d’une dizaine de livres: Paul Prud’Homme se prononce encore
Par : Dennys Bélanger
Editeur : Journal de Cornwall
Ancien professeur de français à La Citadelle, Paul Prud’Homme est ce que l’on pourrait dire un homme à la plume facile. Auteur d’une dizaine de livres dont la plupart sont pour la catégorie jeunesse, l’écrivain a décidé d’écrire pour le monde des grands. Son nouveau bouquin est un livre destiné à peindre la façon de vivre d’un couple et de leurs enfants rejetés par l’incompréhension des gens dans la première décennie après la Deuxième Grande Guerre. Drame familial, mainmise religieuse et les problèmes sous-jacents de l’éducation sont les thèmes qu’il aborde dans ce nouveau roman.
Ancien professeur de français à La Citadelle, Paul Prud’Homme avoue ne pas se souvenir quand il a commencé à écrire pour en faire des textes. «Selon moi, j’ai toujours la piqûre de l’écriture et surtout du français. Je me souviens lors de mes années d’enseignement, je puisais mon inspiration au travers de mes groupes d’écoliers. Je les regardais vivre et cela me suffisait pour composer un roman», lance ce dernier.
En faux contre les injustices sociales
Grand pourfendeur des injustices sociales, Paul Prud’homme a voulu par ses écrits dénoncer des situations injustes et aussi faire prendre conscience aux jeunes que les décisions qu’ils prennent aujourd’hui peuvent façonner leur vie un chemin durant. «Oui, tout au cours des mes années d’enseignement j’ai été témoin de situations plus ou moins évidentes pour les jeunes. Des filles mères, des personnes alcooliques, des consommateurs de drogue, des personnes abusées, des enfants battus. Tout cela m’a permis d’écrire des livres pour faire prendre conscience aux jeunes et au grand public de l’atrocité de ces situations», avance-t-il.
Outre ses livres parlant des réalités de la vie, Paul Prud’Homme a également écrit un livre sur les restos vite qui fut un best-seller en Ontario français. «Je ne sais pas si les gens se reconnaissaient dans les situations comprises dans le livre mais il faut croire que j’avais frappé dans le mil en parlant de ce sujet», ajoute ce dernier.
Les livres que Paul Prud’homme a rédigés ont souvent servi pour le travail en classe. Soit de la compréhension de textes, des dissertations ou encore de résumés lors des cours de français. Également, disons qu’un certain ouvrage que l’écrivain de Cornwall a écrit sur les naissances non désirées et les filles mères. Comme il le dit si bien, à un certain moment, Cornwall était la ville qui comptait le plus de jeunes filles de 14 à 18 ans enceintes en Ontario. Voilà qui est vraiment surprenant pour une ville vivant sous le spectre de la religion.
En plus de parler des problèmes de naissances, Paul Prud’Homme a également parlé de la mort avec un livre traitant du suicide. «Je me souviens qu’à cette époque j’étais en charge d’un groupe assez difficile et quatre de mes élèves au cours de l’année ont commis des tentatives de suicide. Je ne pouvais laisser passer cela. J’ai donc pris ma plume et j’ai commencé à écrire mêlant le réel à la fiction. Je crois que quand des jeunes en sont rendus à des choix de la sorte, il y a un manque d’encadrement quelque part», explique M. Prud’Homme.
Pour ce qui est de son dernier livre Apolline, le roman, qui est son deuxième pour les adultes, trace un portrait plutôt sombre de la relation d’un jeune couple vivant dans la décennie 1945 à 1955. Drame familial, relation beau-père/bru, les manifestations de l’étroitesse d’esprit et le curé qui refuse de donner l’absolution. Franchement un savant mélange des mœurs de l’époque d’après-guerre décrit par la plume de Paul Prud’Homme. En passant, pour ceux et celles qui aimeraient se procurer le livre de l’auteur, un lancement aura lieu au Centre culturel de Cornwall, 124, rue Anthony, le vendredi 27 mai dès 17 heures.
<< Retour
|