Journal de Cornwall

 Cliquez ici !
 Cliquez ici !

Imprimez cette pageInvitez votre ami(e) à visiter cette pagePlan du site



Accueil 


<< Retour | Archives | La une | Actualité
Le 17 août 2005

Journal de Cornwall

Le projet de reconversion de la Salle Nativité : les gens s’interrogent

Par : Dennys Bélanger
Editeur : Journal de Cornwall

Même si la Ville, lors d’une réunion spéciale a donné son aval pour la poursuite du projet de reconversion de la salle Nativité en maison des jeunes, plusieurs personnes de la communauté s’interrogent sur l’implication monétaire du Conseil municipal en regard de ce projet. Bien que tout le monde soit d’accord de ne pas laisser ce bâtiment vide, le fait d’utiliser l’argent des taxes pour aider la poursuite du projet ne semble pas faire l’unanimité.

C’est ce qui ressort de plusieurs téléphones que le journal a reçus de la part de gens inquiets qui se demandent pourquoi les autorités municipales investiraient dans un projet communautaire aux dépens du privé. Lors de la réunion tenue jeudi dernier sur l’heure du dîner, même les conseillers étaient en désaccord sur ce point. Si le conseiller Jacques Lemire prônait le fait que la Ville devait donner un coup de main pour aider les jeunes à avoir un centre utilitaire pouvant répondre à leurs besoins, le conseiller Chris Savard pour sa part targuait plus sur le fait que la Ville ne doit pas subventionner l’Église et ses propriétés aux dépens du privé.

Récapitulation des faits
Fermée depuis le mois de juin, la salle Nativité risquait bien de ne jamais rouvrir car, selon les explications du clergé, le bâtiment était trop coûteux à opérer et ne rapportait pas assez en revenus. C’est donc dire à moins que d’autres investisseurs ne se pointent le nez dans le dossier, la salle allait demeurer fermée.

Lors d’un conseil municipal, le chef de police de Cornwall est venu dépoer un projet pour reconvertir la salle en un centre communautaire qui favoriserait l’intergénération, soit une maison de jeunes et la présence d’organismes de l’âge d’or sous un même toit. De plus, à l’étage supérieur, la Garde de la Nativité pourrait garder son local et le soubassement serait occupé par la salle de quilles. Enfin, on rebaptiserait l’édifice le Centre Huguette Burroughs en mémoire de la défunte journaliste et conseillère municipale.

Depuis cette annonce, plusieurs choses se sont passées dont l’entrée en jeu de la Ville dans le dossier et la formation d’un comité provisoire pour la réalisation du projet. Également, des tractations avec le clergé pour maintenir la salle de quilles ouverte de septembre à décembre ont été faites, ce qui permettra de sauvegarder la prochaine saison de quilles. Cet aspect est important car il constitue la pierre angulaire du projet en terme de financement. Un plan d’affaires doit être confectionné au cours des prochaines semaines quant à la faisabilité du projet.

Implication de la Ville
Dans ce qui est convenu d’appeler la participation de la Ville au projet, cette dernière louerait l’édifice de la paroisse pour une période de 5 ans, verrait à l’entretien des lieux et au déblaiement du stationnement. Les revenus produits par la salle de quilles serviraient à assumer les coûts d’électricité et de chauffage. La demande de 36 000 $ qui fait tant bondir les gens et quelques conseillers est une garantie au cas où les revenus des quilles ne seraient pas suffisants pour couvrir les installations du bâtiment du 1er septembre au 31 mai. «Il se pourrait bien que la Ville n’ait rien à fournir du tout, ou encore la moitié de cette somme. Nous en saurons davantage quand le plan d’affaires sera déposé et que diverses stratégies de financement auront été dévoilées.

De plus, dans le plan de financement, il ne faut pas oublier les loyers de l’âge d’or et de la garde en plus de locations possibles de la salle», de dire Jacques Lemire lors de la réunion. Du même souffle, il ajoute : «Nous parlons d’un investissement pour la cause des jeunes. Qu’avons-nous fait jusqu’à maintenant pour les adultes de demain dans notre ville? Pas grand-chose à mon avis. Nous avons là une belle occasion d’appuyer une cause, pourquoi pas s’embarquer?» demandait-il.

Le conseiller Lemire a été appuyé dans son argumentation par son collègue Glenn Grant qui se disait en faveur du projet parce qu’il croit fermement que ce dernier n’entre pas du tout en conflit avec le secteur privé. «La coordonnatrice de la Maison des jeunes, Josée Delisle est une très bonne administratrice et tout ce que l’organisme possède vient de collectes de fonds. Il faut voir là-dedans de la débrouillardise et à ce titre nous pouvons qu’appuyer un tel projet», a renchéri ce dernier.

Pour leur part, les conseillers Savard et MacDonald ont voté contre la proposition. Pour Chris Savard, ce projet requiert de l’argent de la Ville. «Je m’oppose fortement à ce qu’on prenne l’argent des contribuables pour subventionner un bâtiment appartenant à l’Église. De plus, cette forme de subvention déguisée entre en conflit avec le domaine privé et cela je m’y objecte fermement», de dire ce dernier.

Toujours dans le même ordre d’idées, le conseiller Mark MacDonald qui a voté contre la motion du projet qui voulait que la Ville dépose une garantie d’argent de 36 000 $, aimerait voir d’abord le plan d’affaires que le comité déposera avant de voter pour un tel projet. «Qui nous dit que si nous disons oui à cette demande il n’y en aura pas d’autres par après? À mon avis, il faut être prudent dans ce domaine pour ne pas créer de précédent», a-t-il lancé.

Présent également lors de cette réunion spéciale, le responsable des finances de la Ville, David Dick a également émis quelques réserves spécifiant que le geste de la Ville pourrait facilement passer pour une subvention — ce que cette dernière ne fait que très rarement en des cas exceptionnels. Afin de mieux faire accepter l’idée, ce dernier a même sortie un point de la réglementation municipale qui pourrait couvrir la Ville dans ce dossier. Il s’agirait de déclarer le bâtiment de la Nativité appareil municipal, mais le conseil n’a pas tenu compte de l’idée. Le tout s’est terminé par un vote sur décision, ce qui laisse présager de nouvelles discussions quant à ce dossier prochainement.



<< Retour

 



Site réalisé grâce à l'éditeur Édimage Plus
© Édimage Plus / Droits et aspects légaux / Journal de Cornwall