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Le 13 octobre 2005

Journal de Cornwall

Les voleurs d’enfance - L’âme de Denise Robert

Par : Dennys Bélanger
Editeur : Journal de Cornwall

Bien connue dans le monde cinématographique québécois et canadien à cause de succès Les Invasions barbares, Ma vie en cinémascope, Stardom, Mambo Italiano, Idole instantanée et plus récemment Aurore, Denise Robert frappe encore un grand coup avec la production du documentaire Les voleurs d’enfance. Pour parler de son dernier bébé et aussi de la situation des enfants abusés et maltraités, le Journal s’est entretenu avec cette dernière.

«Le syndrome des enfants abusés et/ou maltraités est encore trop présent de nos jours. Seulement au Québec, on compte 30 000 jeunes qui sont répertoriés sur les listes de la Direction de la protection de la jeunesse. C’est une situation aberrante pour le monde dans lequel on vit, c’est pourquoi j’ai décidé de faire ce film», disait d’entrée de jeu Denise Robert.

Film dénonciateur et provocateur
Sorti depuis peu sur les écrans à la grandeur du Québec et bientôt dans le reste du Canada, Les voleurs d’enfance est un documentaire qui dénonce et provoque tout à la fois. «Il dénonce le trop grand nombre de cas, le manque de moyens des professionnels travaillant dans ce milieu aussi et surtout, le silence de la société face à ce problème criant», lance Mme Robert.

Montrée du doigt à plusieurs reprises dans le documentaire, la DPJ est montée aux barricades pour se porter en faux contre le fait d’être reconnue comme des coupables dans l’histoire. «Oui, nous dénonçons et c’est notre rôle non seulement en tant que producteur de films mais aussi en tant que membre à part entière d’une société qui accepte une chose qui ne devrait pas être acceptée : l’abus fait aux enfants. Les gens de la DPJ ont convoqué une conférence de presse avant la sortie du film, ils auraient dû plutôt attendre et voir que même s’ils sont pointés du doigt, notre film n’est pas qu’un coup de poing, mais bien un coup de main que nous leur donnons en dévoilant des choses en leur faveur soit le manque de ressources et les lois qui encadrent ce phénomène et, qui plus souvent qu’autrement, les empêchent de vraiment être efficaces», renchérissait la productrice.

Questionnée sur le fait que plusieurs personnes comparaient ce documentaire à ceux de Michael Moore aux États-Unis, Mme Robert dit que oui, cela se veut un peu dans le même genre. Monsieur Moore a dénoncé des choses avec ses deux films et cela a fait bouger les choses et fait avancer des dossiers. Si cela peut avoir le même effet avec notre film, cela sera parfait», espère-t-elle.
Participation de Paul Arcand et de Nathalie Simard.

Interrogée sur la participation du journaliste, animateur et homme de radio Paul Arcand au film, Denise Robert avoue que pour faire ce genre de documentaire elle avait besoin d’une personne crédible en qui on peut avoir confiance, et Paul Arcand de par sa notoriété et son empathie était l’homme de la situation. «Oui, quand j’ai eu l’idée de faire ce projet, je venais juste de finir Aurore et j’avais reçu plusieurs courriels et téléphones dans lesquels on me disait qu’Aurore est une histoire vieille de cent ans et que je devrais faire quelque chose pour la situation actuelle, qui est, disons pas vraiment mieux et même pire que celle d’Aurore», enchaîne-t-elle.

Pour faire ce film les producteurs ont eu recours à plus de 300 heures d’entrevues qu’ils ont dû comprimer en une heure et demie de film. «Notre film est vraiment représentatif de l’ensemble des entrevues faites par Paul (Arcand) et au contraire de ce que disent les représentants de la DPJ qui nous accusent de ne pas montrer les bons côtés pour mettre l’emphase sur le drame et les lacunes du système, nous répondons que ce que nous présentons démontre, malgré l’horreur, les bons côtés, la détermination et surtout la rage de survivre des enfants qui ont vécu ces énormités», explique Denise Robert

Pour ce qui est de la participation de Nathalie Simard, Mme Robert dit que cela est une pure coïncidence car au moment de faire le film, cette dernière n’avait pas rendu public son drame. «Par contre, je dois avouer que nous avons décidé de l’impliquer dans le processus parce que nous savions l’horrible histoire qu’elle avait vécue et cela cadrait parfaitement avec la dénonciation que nous voulions faire avec le documentaire», ajoute-t-elle.

Les gouvernements et l’avenir
Afin de savoir si un film de cet acabit pourrait influencer nos décideurs, nous lui avons posé la question. «Je le souhaite ardemment. Le ministre de la Santé, Philippe Couillard, a assisté à l’avant-première et a été touché. Il est un homme intelligent et va sûrement faire des choses pour améliorer les lois. Mais cela dépasse l’unique implication des gouvernements, c’est un choix que chacun d’entre nous devons faire. On peut laisser dépérir des routes, mais laisser les enfants souffrir, jamais. Ils sont notre avenir et nous devons faire en sorte de leur donner la chance de grandir dans un climat adéquat. enrichissant et surtout sécuritaire», clarifie cette dernière.

Pour ce qui est de l’avenir et de savoir si après avoir fait Aurore et Les voleurs d’enfance Mme Robert allait faire d’autres projets en ce sens, l’intimée dit que ce n’est qu’un début autant pour elle que pour Paul Arcand. «Ce projet m’a tellement touchée que j’ai l’ai financé moi-même avec un peu d’aide de l’Office national du film», révèle-t-elle
En fait de nouveaux projets, elle dit travailler à la dernière touche du film sur la vie de Maurice «Rocket» Richard et une version urbaine de Roméo et Juliette à la saveur du Québec.



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