Le 20 octobre 2005
Journal de Cornwall
Être famille d’accueil
Une aventure enrichissante
Par : Dennys Bélanger
Editeur : Journal de Cornwall
Recueillir des jeunes en difficulté exige de la patience, de l’écoute et un amour inconditionnel pour les enfants. C’est le cas de la famille Robert et Claire Pariseau, de Cornwall, qui sont dans ce circuit depuis 8 ans.
Rencontré à nos bureaux, le couple Pariseau disait que ce qui l’avait poussé à opter pour cette contribution à la société et surtout pour les enfants, c’est sa disponibilité et surtout l’amour qu’il porte envers la génération de demain. «Je me rappelle quand nous avons commencé dans le circuit, on nous référait des cas problèmes. Des jeunes provenant de familles dysfonctionnelles ayant des problèmes de drogue, de boisson, d’abus physiques et sexuels. Nous le faisions parce qu’à cette époque, le système qui était fait ainsi», souligne Mme Pariseau.
Questionné en rapport au film qui fait présentement un tabac au Québec, intitulé Les voleurs d’enfance dont nous avons fait mention dans la dernière édition, M. Pariseau dit que vu le nombre de personnes habitant l’Ontario le nombre de 25 000 signalements par année au Québec est relatif et serait sûrement plus haut en Ontario. «C’est dur à comprendre, c’est une problématique qui sévit partout. Les enfants en difficulté, c’est une plaie et c’est toute la société qui devrait revoir son approche parentale», disait celui-ci.
Critères et âge
Les enfants dont s’occupent le couple Pariseau oscille entre 3 et 17 ans. Mais pour l’instant, le foyer nourricier de nos personnes interviewées accueille trois adolescentes âgées entre 10 et 16 ans. «Oui, nous avons présentement trois jeunes filles à la maison. Chacune d’entre elles a son histoire d’horreur et il est important de faire preuve d’empathie envers ses jeunes. Cependant, cela ne veut pas dire se laisser manquer de respect. Les jeunes ont des règles à suivre et elles doivent s’y conformer», ajoutait la mère au foyer qu’est Claire Pariseau.
Faisant toujours référence au documentaire québécois de Paul Arcand et Denise Robert, j’ai demandé au couple ce qu’il pensait du trimballage d’enfants d’une famille à l’autre? «C’est certain qu’étant dans le domaine nous sommes là pour le bien-être des enfants. Non, je ne crois pas que cela soit une bonne chose de déplacer des enfants d’une famille à une autre, mais il faut se mettre dans le contexte qu’être famille d’accueil, ce n’est pas toujours rose et que les journées de congé sont rares. Alors c’est pourquoi il est important de trouver le meilleur jumelage possible qui satisfera autant l’enfant que les parents nourriciers», clarifiait Robert Pariseau.
Brisements de cœur et séparation
Recueillir des enfants peut aussi avoir son côté dramatique et déchirant. On n’a qu’à penser aux enfants qui résident pendant un nombre X d’années et qui pour les besoins du système doivent retourner dans leur famille biologique. «J’ai vécu cela et chaque fois, c’est un morceau de nous que l’on emmène. On a beau dire qu’ils sont sous notre garde pour une période déterminée, c’est le propre de l’être humain de s’attacher. De plus, ces enfants ne demandent parfois qu’un peu d’amour et d’attention. Non, je peux vraiment dire que c’est la partie que je déteste le plus dans tout le précédé», de dire madame Pariseau.
Par contre, Mme Pariseau tient à ajouter qu’on le peut créer des amitiés à long terme en recueillant des enfants. «Nous, nous en avons qui nous appellent presque toutes les semaines pour nous parler, nous dire ce qu’ils deviennent et même pour savoir si nous serions intéressés à les reprendre», confie-t-elle.
Quand on demande au couple qui fait la discipline à la maison, les deux se regardent, esquissent un sourire et répondent presque simultanément : «C’est moi. Elle, c’est la femme de la maison. Moi, je suis le méchant dans l’histoire», dit à la blague Robert Pariseau.
Quand on leur demande combien d’enfants ils ont recueillis depuis leur début comme famille d’accueil, les deux parlent de quelques dizaines. «Il faut comprendre qu’il y a plusieurs sortes de garde. On peut faire du remplacement, à plein temps ou encore répondre à des urgences de 24 à 72 heures.
En terminant, je demande au couple Pariseau quel conseil donnerait-il à une famille qui veut se lancer dans cette aventure. «Je dirais être patient, ouvert, compréhensif et surtout aimer les enfants», conclut Claire.
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