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Publié le jeudi 8 octobre 2009 | Mis à jour le mercredi 7 octobre 2009

Un nombre record de participants au 14e PJF

Pierre-Guy Veer

Du 2 au 4 octobre dernier, un nombre record de participants (près de 70) ont siégé à la législature pour le 14e Parlement jeunesse fransaskois (PJF). Durant cette fin de semaine, les jeunes présents ont pu voir la complexité de la tâche de parlementaire. L'Eau vive y était.

Après de brèves activités brise-glace, les jeunes se sont dirigés en chambre pour écouter le discours du lieutenant-gouverneur de la fin de semaine, René Boudreau. Le directeur des Affaires francophones au niveau provincial a rappelé à ses auditeurs que l'emploi de député est très noble, malgré ce que trop de politiciens peuvent en laisser paraître. Après tout, c'est dans cette chambre où ils siègent qu'ont été créées les écoles francophones. Il est donc possible de changer le monde avec la parole.

Des projets de loi actuels

Durant la fin de semaine, les parlementaires en herbe ont pu débattre de quatre projets de loi très actuels :
• Il a été résolu que, si c'est jugé sécuritaire, on construira un réacteur nucléaire à Saskatoon. Toutes les précautions seront prises, dont consultations publiques et formation poussée pour les techniciens qui y travailleront. Cette opportunité de créer des emplois en recherche doit être saisie. On a même accepté de se questionner sur la possibilité que le Canada se dote d'armes nucléaires (!) Après tout, qui sait si les États-Unis auraient le goût de nous attaquer...
Les opposants n'ont pas réussi à faire entendre leurs voix assez fort. En effet, ils plaidaient que la province avait besoin d'énergie maintenant (le réacteur
ne serait pas prêt avant 2017). Aussi, l'éolien fournirait cinq fois plus d'emplois que le nucléaire; la géothermie, tant qu'à elle, recèle un potentiel inexploité énorme. Enfin, ils jugeaient que le risque d'accident, si minime soit-il, ne vaut pas la peine.

• Un autre projet qui a été adopté concernait la sécurité routière. Désormais, les amendes seront transformées en travail communautaire. Si, après 15 jours, la personne fautive ne s'est toujours pas inscrite à un endroit pour purger sa peine, son permis sera suspendu jusqu'à nouvel ordre. Les gens favorables à ces mesures ont fait valoir qu'ainsi, les plus riches (pour qui une amende de 200 $ est insignifiante) apprendront de leurs erreurs. Aussi plaidait-on que cette source de revenue ne fût pas assez significative pour s'en soucier. Enfin, n'en déplaise aux opposants, on a plaidé que le travail communautaire, même en tant que punition, créera des communautés plus fortes ainsi qu'un sentiment d'appartenance à celles-ci. Quant aux gens occupés (parents, étudiants), ils n'ont qu'à respecter les règles!

• Le projet qui a causé les débats les plus houleux est sans doute celui sur les services en français. En effet, il a été résolu que le français regagne la place qu'il avait en 1875, soit une langue à égalité avec l'anglais sur la place publique. Ainsi, on espère réduire le taux d'assimilation (70 %!) et améliorer le développement économique de la province en attirant plus d'immigrants francophones. En promouvant ainsi le français, on montrera que la langue est bien vivante hors du Québec; les francophones auront donc les mêmes droits et privilèges que les anglophones.
Les opposants à cette loi, sans doute comme ceux qui se sont opposés à la loi des Langues officielles dans les années 70, craignaient que les anglophones ne perdent ainsi leurs emplois. Et comme lors de l'abolition du français dans les T.N.O., on s'est posé la question quant aux couts de cette francisation. Enfin, plusieurs ont fait valoir que d'autres langues (allemand, ukrainien) ont eu une importance historique, sans compter le Cri, la première langue parlée sur le territoire...

• Le dernier projet de loi, qui a été rejeté, proposait d'imposer un cours de religion mondiale afin, dit-on, de diminuer le racisme et l'intolérance qui règne de nos jours. À cause du multiculturalisme, de plus en plus présent en Saskatchewan, une telle éducation était jugée nécessaire. Après tout, d'autres « non nécessaires » (sans en nommer) sont au programme, alors pourquoi pas celui-ci?

Au travers des débats, il y avait quelques périodes de questions libres. Durant ce temps, les députés laissaient de côté leur sérieux pour questionner leurs collègues de commentaires parfois fous. Un député a même demandé à une page si elle voulait souper avec lui!

Editeur : L'Eau vive