Le 22 juillet 2004
Volume 33
Numéro 27
Quand vous regardez une corneille visualisez un serin des Canaries
Editeur : L'Eau vive
Tout le monde peut faire quelque chose pour protéger leur famille, leur communauté et eux-mêmes, des risques d’infection par le virus du Nil occidental.
Comme mesures protectrices vous devriez porter des vêtements de coton aux couleurs pâles, appliquer un insectifuge contenant du DEET, ne pas sortir à l’aube et à la brunante, périodes d’intense activité des moustiques, et vous assurer de faire disparaître tous les «points névralgiques» ou les sites de reproduction des moustiques - surtout les nappes d’eau stagnante.
Cependant, tuer les corneilles ne fait pas partie des mesures protectrices.
« Ce serait comme tuer le serin dans une mine de charbon», a déclaré le coordonnateur provincial du virus du Nil occidental et entomologiste au ministère de la Santé, Philip Curry.
M. Curry explique que tuer des corneilles détruit un système d’alerte rapide du virus du Nil occidental.
« Les corneilles meurent dans les quelques jours suivant une piqûre de moustique infecté. D’autres oiseaux et animaux peuvent être piqués et ne jamais devenir malades – mais, la corneille meurt toujours dans les quelques jours qui suivent la piqûre. C’est la raison pour laquelle nous demandons aux gens de signaler tout cas de corneille morte, et nous recueillons ces carcasses afin de les soumettre à des examens.»
M. Curry ajoute qu’il sait bien que les corneilles sont des oiseaux agaçants et que certaines villes en Saskatchewan ont mis en place, dans le passé, une politique visant l’élimination des corneilles. Maintenant, avec l’apparition du virus du Nil occidental, d’autres communautés aussi ont considéré d’éliminer les corneilles.
Ce n’est pas une bonne idée, a affirmé M. Curry. Le virus du Nil occidental n’est pas une excuse pour tuer toutes les corneilles.
« Il y a des villes entières dans cette province qui, au cours des années, ont éliminé leur population en corneilles. Comment pourrons-nous déterminer si les moustiques dans ces régions sont porteurs du virus du Nil occidental?»
« Pour détruire le potentiel de sang contaminé comme repas pour les moustiques, il vous faudrait tuer 225 espèces d’oiseaux en Saskatchewan. Il vous faudrait tuer tous les moineaux, les rouges-gorges familiers, les quiscales, les parulines, les sauvagines, les faucons, les hiboux et bien d’autres - effectivement, il s’agirait de 225 diverses espèces.»
Le ministère de la Santé de la Saskatchewan effectue des tests de dépistage seulement sur les oiseaux appartenant à la famille des corvidés (famille des corneilles) et demande au public de signaler tout oiseau mort de cette famille.
« La famille des corvidés comprend les geais bleus, les geais gris ou les mésangeais du Canada, les pies bavardes, les corbeaux et les corneilles», a expliqué M. Curry. «Et nous voulons que les gens nous les signalent pour autant que l’oiseau mort n’est pas étendu dans la rue depuis trois jours ou plein de chevrotines.»
On demande aux personnes qui trouvent des corneilles mortes de téléphoner à leur bureau municipal rural ou urbain, qui se charge d’envoyer sur place leur agent de lutte antiparasitaire (Pest Control Officer) afin qu’il enlève l’oiseau et le soumette au ministère de la Santé de la Saskatchewan pour un examen.
L’agent peut ne pas pouvoir se rendre immédiatement au site et par conséquent on demande au public de s’assurer de la sécurité de l’oiseau jusqu’à l’arrivée de l’agent. Recouvrez l’oiseau d’une contenant en plastique ou en métal – et ne touchez pas aux oiseaux à mains nues.
« Vous ne voulez pas que d’autres oiseaux ou animaux mangent l’oiseau mort. Le virus peut se propager de cette façon», a rappelé M. Curry.
S’il s’avère nécessaire de déplacer l’oiseau à un endroit plus sécuritaire ou si vous devez disposer de l’oiseau à cause de son état de décomposition trop avancée pour subir un examen du virus du Nil occidental, M. Curry prévient le public de prendre des précautions: ne touchez pas aux oiseaux à mains nues, portez des gants quelconque, les gants de caoutchouc sont préférables, et lavez les gants une fois la tâche terminée. En fait, essayez de ne pas toucher l’oiseau aucunement: utilisez une pelle pour le ramasser et déposez-le dans plusieurs couches de sacs de plastique.
Au dire de M. Curry, le test de dépistage du virus du Nil occidental est rapide. L’oiseau arrive au laboratoire, subit le test et les résultats sont rendus le même jour. Cette épreuve de dépistage rapide permet d’aviser le public presque immédiatement de la découverte du virus dans leur district.
M. Curry ajoute que les résidents de la Saskatchewan ne devraient pas laisser leurs préoccupations à l’égard du virus du Nil occidental gâcher leur saison estivale.
« Ne vous réfugiez pas à vos sous-sols tout l’été – profitez des vos activités habituelles. Mais, soyez prudents et prenez des précautions de bon sens. Utilisez un insectifuge contenant du DEET – un tel produit peut diminuer vos risques mille fois autant. Appliquer un insectifuge notamment sur le revers de vos mains et dans votre cou. Si vous allez dehors pour quelques heures seulement choisissez un produit pour enfant contenant une faible concentration d’insectifuges. Portez un chapeau, et des chemises à manches longues et des pantalons de coton et aux couleurs pâles. Procurez-vous un belvédère avec moustiquaire. Recouvrez vos citernes pluviales de moustiquaire. Répertoriez tous les points névralgiques où s’accumule l’eau stagnante.»
Et, ne tuez pas les corneilles!
Pour plus de renseignements, adressez-vous à :
Philip Curry
Coordonnateur provincial du virus du Nil occidental
Ministère de la Santé de la Saskatchewan, Regina SK
Téléphone: (306) 787-2807
Télécopieur: (306) 787-3112
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