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Publié le jeudi 17 septembre 2009 | Mis à jour le mercredi 16 septembre 2009

Table ronde itinérante des francophones et des Métis de l’Ouest canadien

Michel Vézina

La troisième Table ronde itinérante a été présentée à North Battleford, au Centre Don Ross, du 11 au 13 septembre 2009. Une soixantaine de personnes ont participé aux divers volets de cette activité.

Le tout a débuté par la cérémonie d'ouverture avec un hommage aux ancêtres. Ce dernier fut empreint d’une grande émotion; il fut conduit par Viola Bell et Francine Proulx-Kenzel. Le tout fut suivi d’un délicieux souper et d’une soirée axée sous le signe d’une saynète et d’une danse.

Présentation des communautés

C’est à M. Ghislain Bellevance de North Battlford et Mme Cecile Blanke qu’est revenu l’honneur de démarrer le dialogue puisqu’en duo, ils nous ont présenté leurs communautés. C’est ainsi que l’un nous a fait un portrait de la communauté fransaskoise de North Battleford et son évolution au fil des ans. Mme Blanke, elle, nous a parlé de la
vie d’une famille métisse (la sienne) et ce que cette famille, à l’image de la Nation métisse, a eu à vivre, laissant une profonde blessure socio-culturelle. En fait, l’image de deux communautés qui ont vécu des difficultés chacune de leur côté semble une histoire peu connue.

Des ateliers et des conférences

On pouvait également assister à plusieurs ateliers (un le matin et un
l’après-midi, au choix). C’est ainsi que Roger Dallaire et Gilbert Pelletier donnaient un atelier sur le conte; Bruce Falcon, sur la généalogie; Raymonde Arcand et Rita Bisson, sur le dialogue spirituel; John Arcand et Daniel Gervais, sur la musique ainsi qu’une présentation de deux courts métrages sur les Métis par le réalisateur québécois André Glabu.

La Table ronde itinérante a également inclut des conférences. M. Mathias Bizimana, de la Commission canadienne pour l’UNESCO, a livré ses réflexions sur le patrimoine immatériel qui regroupe beaucoup de concepts dont les traditions, les contes, la danse, la musique, la chanson, le théâtre, les pratiques sociales, le savoir faire, les expressions, etc. Il a rappelé que 2010 sera l’année du rapprochement des cultures.

Pour sa part, M. Paul L.A.H. Chartrand, Ph.D., originaire de St-Laurent, au Manitoba, a partagé sa pensée sur la langue michif et le nationalisme. Sa présentation a soulevé plusieurs questions sur des éléments de la langue michif.

Dimanche matin, c’est Wilfrid Denis, Ph.D., qui nous a parlé de Citoyenneté inclusive pour les francophones et les Métis de la Saskatchewan. Celui-ci a donné un véritable cours sur la diversité culturelle, le multiculturalisme et l’inclusion ainsi que sur l’acte de citoyenneté. Avant de répondre à quelques questions, il a terminé par cette pensée : « L’espoir de l’un ne peut reposer sur le désespoir de l’autre ».

On ne peut résumer en quelques lignes tout le contenu de ces présentations, qui ont été filmées et enregistrées par l’équipe de l’Institut français de l’Université de Regina.

Table ronde communautaire

La Table ronde communautaire a été présentée en deux étapes. De nombreux panélistes – Rita Bisson, Walter Falcon, Murielle Elliott, May McLennan, Ghislain Bellavance, Stacey Delorme, Bernard Levasseur, Christine Régnier-Gaudet, Marcelle Ross, Gilbert Pelletier, Colette Lavallée et Peter Bishop –, bien encadrés par Terry Boyer et Francine Proulx-Kenzel, ont tout d’abord parler de leur fierté d’être francophone ou métis, le samedi après-midi, pour ensuite se pencher sur la façon de travailler ensemble le dimanche matin.

De multiples raisons ont été évoquées d’être francophone ou métis : cela vient des parents pour plusieurs, de l’éducation pour d’autres, un mélange de fierté et de peine, fier de ce qui a été vécu, la nécessité de le transmettre aux prochaines générations.

Ce qui est ressorti sur la notion de travailler ensemble : l’écoute, se visiter; se connaître, avoir des objectifs communs pour les deux communautés, l’éducation (particulièrement pour le programme scolaire), le respect, l’acceptation de la différence, continuer cet exercice, se rappeler que le plaisir est nécessaire, s’engager à des gestes concrets.

La fermeture

Chaque panéliste a reçu une ceinture fléchée; le tout s’est terminé par une prière, qui a été récitée successivement en anglais, en français et en langue michif.

Ce reportage ne fait qu’effleurer toute la réflexion qui y a été faite. Il faudra lire les actes de cette rencontre et regarder le matériel audio-visuel qui a été enregistré pour cerner la profondeur de la réflexion non seulement des panélistes et des spécialistes, mais aussi des discussions informelles qui ont eu lieu entre les participants tout au long de cette fin de semaine. Le comité organisateur peut en être fier, de même que l’équipe de l’Institut français de l’Université de Regina, qui pilote ces rencontres.

Editeur : L'Eau vive


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