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Publié le jeudi 24 septembre 2009 | Mis à jour le mercredi 23 septembre 2009

On se remémore les premières années de Duck Lake

Pierre-Guy Veer

Encore cette année, la Société historique a réussi à faire revivre notre passé! Après une reconstitution de Gravelbourg en 1943, ce fut au tour de Duck Lake de se rappeler son histoire (1912, pour être précis). En plus des nombreuses saynètes, les spectateurs ont pu avoir un aperçu de la vie il y a 100 ans.

En effet, au club de curling, on a pu montrer ce qu'on faisait avec le seul tissu disponible en abondance et à bon prix : la laine. On tondait le mouton, on grattait la laine, on la nettoyait, on la tissait... On la teignait pour les occasions spéciales; aussi tissait-on plus léger pour des jaquettes, par exemple. On pouvait tout faire avec la laine, même des nappes! Il fallait s'armer de patience; sa confection pouvait prendre jusqu'à cinq ans! On a aussi montré la fabrication de chapeau de paille.

Ceux qui voulait exercer leur poignet, on pu baratter du beurre à l'ancienne. On nous a dit qu'on a pu remplir deux petits pots de margarine avec ce que les étudiants ont baratté!

Enfin, on a pu montrer l'âme du village (pour les fermiers, du moins) : le forgeron. Sans lui, les fermiers devraient constamment s'acheter des outils. Pour forger, il ne faut pas craindre la chaleur (de 400 à 1500 °C!) ni la saleté.

Saynètes de rue

- Les agents autochtones abusent de leurs pouvoirs. Profitant de dispositions de la Loi sur les « Sauvages », ces agents peuvent devenir des agents de la paix et utiliser la force nécessaire (laissée à la discrétion de l'agent) pour maintenir l'ordre.

- Blanche Leray ne tient pas en place! La rumeur court que le Patriote de l'Ouest pourrait déménager à Prince Albert... seulement parce qu'on y a trouvé un édifice en brique. Pourtant, son mari est un excellent tailleur. Pourquoi voudrait-on déménager ce bijou de la francophonie dans une ville protestante?!

- Armand Gaudet n'est pas peu fier d'être à Bellevue! En effet, il a entendu dire qu'un chemin de fer passerait dans le village; les gens de Duck Lake en deviendraient envieux! Mais il ignore qu'une autre rumeur affirme qu'un fermier de St. Louis refuse de céder ses terres. Le chemin de fer passerait plutôt à Domrémy...

- En attendant d'aller à St-Laurent pour un pèlerinage, Mlle Dorval tente de donner une leçon d'anglais à ses étudiants. Malheureusement, enseigner l'anglais en français est peu motivant pour l'apprentissage...

- Louis Schmidt, Métis de la région de Duck Lake, a pris la parole lors de l'assemblée de la Société du Bon parler français. Il regrette ne pas avoir parlé plus de son peuple, un des grands défenseurs des droits des francophones. Il faut dire que le dénigrement des prêtres, qui affirment constamment que les Métis parlent mal, n'aide pas la cause de la francophonie.

- Les suffragettes, des femmes surtout protestantes qui veulent que leurs pairs aient le droit de vote, rencontrent de la résistance de la part des catholiques. En effet, selon leur prêtre, une femme qui votera perdra sa dignité ainsi que son titre de reine du foyer.

- Elles rencontrent aussi de la résistance de la part des hommes. Plusieurs craignent qu'elles n'apportent la prohibition et ferment tous les bars!

- Les anglophones (protestants) n'aiment pas toujours les francophones (catholiques). Puisque la première école du village est catholique, il fallait bien en construire une pour les bons protestants. Heureusement, le nouveau gouvernement Borden a pu donner un coup de pouce en « sortant les déchets » (lire : congédier des travailleurs catholiques).

Editeur : L'Eau vive


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