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Le 8 novembre 2007 Volume 12
Éducation postsecondaire

Notre société est-elle prête à relever le défi qui l’attend?

Danny Joncas

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Claude Laguë a vu du pays. Avant d’aboutir, il y a plus d’un an, dans la capitale nationale et d’y occuper le poste doyen de la Faculté de génie de l’Université d’Ottawa, il a agi quatre ans à titre de doyen du College of Engineering de l’University of Saskatchewan. Auparavant, il a enseigné à l’Université Laval, où il a obtenu son baccalauréat et sa maîtrise.

À la lumière de ses observations au fil des ans, il constate que la société canadienne est en pleine évolution. Avec le recul, M. Laguë remarque également qu’à l’heure où les enjeux environnementaux préoccupent de plus en plus la population canadienne, cette même population assiste à un chambardement au niveau des produits et services qu’elle utilise.

En effet, ce nouveau virage vert implique inévitablement que des changements majeurs, sur le plan des produits et services. Le doyen de la Faculté de génie de l’Université d’Ottawa est convaincu qu’une hausse du nombre d’ingénieurs est nécessaire pour procéder à ces changements.

« Le principal défi auquel on fait face comme pays est que, sur une base proportionnelle, il y a de moins en moins de jeunes qui étudient en science et en ingénierie. Si on ne renverse pas cette tendance, les entreprises auront bientôt de la difficulté à trouver de la main-d’œuvre qualifiée », avance Claude Laguë.

« Le domaine de l’ingénierie offre des débouchés très intéressants, mais nous ne sommes pas les seuls à tenter de recruter des étudiants. Les institutions sont présentes dans les écoles secondaires et les collèges pour faire la promotion de leurs programmes. Aussi, en ingénierie, lorsque l’économie va bien, comme c’est le cas présentement, on a plus de difficultés à attirer des étudiants à la maîtrise ou au doctorat, car ils se font solliciter par les employeurs et souvent, ce sont des emplois qui offrent de très bonnes conditions », poursuit le principal intéressé.

Des changements à prévoir

Selon Claude Laguë, la prochaine décennie sera marquée par le changement au Canada. Puisque la société souhaite s’adapter aux changements climatiques, il faudra perfectionner nos systèmes de transport, notre approvisionnement en eau et notre traitement des eaux.

« Le message important est que ça va prendre davantage de cerveaux pour développer ces nouveaux produits et services ou encore pour adapter nos produits existants. On parle entre autres de développer de nouveaux carburants et de nouveaux types de véhicule », réitère M. Laguë.

« Il faut aussi souligner que le secteur de la haute technologie va continuer de se développer, vu son omniprésence aujourd’hui. On en retrouve dans les automobiles, dans les appareils électroménagers et dans plusieurs autres produits », enchaîne-t-il.

Enfin, notons la diversification des besoins et des tendances en ingénierie selon les différentes régions du pays. Tout d’abord, l’Ouest canadien se consacre surtout à l’industrie pétrolière de même qu’au développement de l’infrastructure urbaine et à l’adaptation de l’infrastructure existante. La situation est comparable en Ontario et au Québec, alors que les occasions d’emploi se multiplient, tandis que le contexte démographique des Maritimes retient l’attention. En effet, plusieurs de leurs diplômés quittent pour aller travailler en Ontario ou en Alberta.

La situation actuelle


  • Génie civil : secteur en croissance, car on note de grands besoins de rénover les infrastructures existantes ou d’en construire de nouvelles.
  • Génie mécanique : secteur très large, où le Canada a toujours été assez performant.
  • Génie chimique : secteur promis à un bel avenir, avec le développement de l’industrie pétrolière et le développement de nouveaux carburants.


Quelques données sur lèingénierie

  • Au total, on compte 36 facultés de génie au Canada.
  • De ce nombre, 11 offrent un programme en français (neuf institutions québécoises, l’Université de Moncton et l’Université d’Ottawa).
  • À l’Université d’Ottawa seulement : près de 800 étudiants ont obtenu leur diplôme de premier cycle au printemps 2007; on comptait 2100 étudiants de premier cycle et 660 étudiants complétaient des études supérieures en ingénierie au cours de la dernière année; quelque 20% des étudiants de premier cycle sont francophones et cette proportion diminue à 15% aux deuxième et troisième cycles; un peu plus de 10% des étudiants de premier cycle viennent de l’étranger et cette proportion augmente aux environs de 25% aux deuxième et troisième cycles.

    • Editeur : Association de la presse francophone


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