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Le 8 novembre 2007 Volume 12
Guy Gélineau, vice-président directeur général de l'AUFC
Éducation postsecondaire

Les universités de la francophonie canadienne en mode d’adaptation

Danny Joncas

Pour mieux répondre aux besoins de leur clientèle, qui assurera la relève au sein d’une société en pleine mutation, les universités de la francophonie canadienne doivent être à l’écoute des gens qui fréquentent leurs institutions et adopter des stratégies visant à mieux répondre à leurs besoins.

Ayant compris il y a fort longtemps que chacune de son côté, ces institutions y parviendraient de peine et de misère, il a été convenu entre elles que la meilleure option était de se mobiliser. C’est ainsi que l’Association des universités de la francophonie canadienne (AUFC) a vu le jour. Regroupant 13 universités offrant des programmes et services en français à l’extérieur du Québec, l’AUFC développe et met de l’avant des stratégies communes pour accroître l’impact des établissements membres de l’organisme sur leurs communautés respectives.

À l’heure actuelle, les dirigeants de l’AUFC, dont les bureaux sont situés à Ottawa, se penchent sur trois défis majeurs. Tout d’abord, il est question de l’aspect démographique. On tente de déterminer de quelle façon les établissements universitaires peuvent desservir l’ensemble de la francophonie canadienne, compte tenu de sa répartition sur un vaste territoire et de son évolution en situation minoritaire. En second lieu, on travaille à améliorer la recherche au sein des institutions membres, ce qui viendrait du même coup accroître la visibilité des universités. Enfin, le troisième défi est de s’internationaliser.

« Aussi, on est en train de développer une réflexion entre nous sur la contribution des établissements à la vitalité des communautés francophones en situation minoritaire, car ces institutions sont au cœur de la vitalité. Ce sont des outils qui inspirent, qui animent et qui forment la relève », louange Guy Gélineau, le vice-président directeur général de l’AUFC.

Bien entendu, une autre des préoccupations des universités de la francophonie canadienne a trait au financement. Devant souvent opérer avec de modestes ressources financières, celles-ci disposent d’une très mince marge de manœuvre et doivent prioriser leurs projets, faute de financement. Comme l’explique Guy Gélineau, c’est à ce moment que l’AUFC s’avère utile.

« Bien que nos institutions soient des outils de développement éducationnel, culturel, social et économique, encore faut-il leur donner les moyens de survivre, d’où le fait que l’AUFC effectue beaucoup de représentation auprès du gouvernement fédéral. On tente alors d’illustrer que nos membres positionnent les francophones dans le Canada et gardent la langue française bien vivante », soutient M. Gélineau.

« Nos institutions sont très bien établies en Acadie et en Ontario, mais la situation devient parfois difficile quand on s’éloigne des grands centres et des regroupements de francophones. Si on avait plus de moyens, on pourrait aider les régions éloignées en offrant de la formation à distance puisqu’il y a une demande. C’est d’ailleurs en raison d’une demande que les premières institutions ont ouvert leurs portes sous la direction des communautés religieuses. Certaines autres institutions sont arrivées par la suite dans la foulée du bilinguisme », poursuit M. Gélineau.

Néanmoins, les institutions membres de l’AUFC jouent un rôle de premier plan dans le développement des communautés, mais beaucoup de travail reste à faire pour arriver aux objectifs qui ont été établis. Ainsi, dans son plan d’action couvrant la période s’échelonnant de 2005 à 2010 dont s'est doté l'AUFC.

Hearst, l'exemple parfait

Sans doute la plus méconnue de toutes les institutions membres de l’Association des universités de la francophonie canadienne (AUFC), l’Université de Hearst a décerné près d’un millier de baccalauréats depuis sa fondation, sous le nom de Séminaire de Hearst, il y a plus de 54 ans.

Par ailleurs, cette institution qui accueille annuellement une centaine d’étudiantes et d’étudiants à plein temps sur ses trois campus du Nord de l’Ontario est confrontée à la même réalité que l’association dont elle est membre sur une base quotidienne, c’est-à-dire des problèmes de financement, la nécessité de développer des stratégies de recrutement innovatrices et bien d’autres défis qui refont surface jour après jour.

Comme en témoigne Raymond Tremblay, qui a étudié et enseigné à l’Université de Hearst et qui y est le recteur depuis plus de 20 ans, la situation n’a pas toujours été rose.

« Aujourd’hui, on peut dire que l’institution se trouve en bonne position comparativement à ce qu’on a vécu dans le passé. C’est certain que la question du financement demeure toujours une priorité. On travaille de près avec la communauté et les gouvernements pour développer des partenariats mais aussi pour démontrer l’importance du rôle que joue l’Université de Hearst dans la communauté. Non seulement l’institution assure le développement d’une relève et contribue à freiner le phénomène de l’exode des jeunes, mais elle a un impact économique important sur l’ensemble de la communauté », explique Raymond Tremblay.


Editeur : Association de la presse francophone


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