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Le 8 novembre 2007 Volume 12
Éducation postsecondaire

Le Canada demeure une destination privilégiée

Patricia Sauzède-Bilodeau

Bien que plusieurs étudiants canadiens choisissent de quitter le pays le temps d’un semestre ou d’une année complète durant leurs études, le Canada accueille lui aussi son lot d’étudiants étrangers à chaque année. Dans un effort visant à s’internationaliser, les institutions se rendent même à l’étranger dans le but de recruter. C’est le cas entre autres du Collège universitaire de Saint-Boniface (CUSB), au Manitoba.

En 2005-2006, 97 étudiants du CUSB provenaient d’un autre pays. La population étudiante internationale a plus que doublé en cinq ans au CUSB et la direction entend poursuivre dans cette voie. Une équipe du collège s’est d’ailleurs rendue en Afrique au printemps 2007, y sonder le terrain en vue d’accueillir, pour l’année académique 2007-2008, près d’une centaine d’étudiants étrangers.

« Au collège, 12% de notre population étudiante vient de l’étranger. Dans l’ensemble, 60% des étudiants sont des femmes, soit la proportion inverse des étudiants étrangers », explique René Dupuis, directeur des services aux étudiants et étudiantes au CUSB.

Au cours de la dernière année, la majorité provenait du Sénégal, du Mali et de la France et étudiait en administration des affaires et en informatique. C’est avec ce portrait général en tête que René Dupuis, Ibrahima Diallo (doyen de la Faculté des arts), Youssef Bezzahou (représentant du Bureau des gouverneurs) et quelques autres membres de la communauté ont tenté, en mars 2007, de faire du recrutement dans certaines régions africaines.

« On cherche à créer une réciprocité pour que des étudiants viennent ici, mais pour que les nôtres aussi profitent de cette chance », ajoute M. Dupuis. « Nous avons six ou sept étudiants par année qui partent en Afrique, comparativement à une centaine qui viennent ici. On voudrait que ce soit plus équilibré parce que tout le monde peut tirer profit d’un échange du genre qui modifie notre façon de voir les choses », poursuit-il.

Le but de l’expédition en Afrique était donc de connaître la réalité des étudiants qui choisissent le CUSB, de rencontrer leur famille, de les informer et, surtout, de créer solidifier les liens avec les communautés.

« C’est difficile de concurrencer le Québec en tant qu’université francophone. On mise sur le bilinguisme, l’accueil chaleureux de la communauté et le contexte multiculturel », enchaîne M. Dupuis.

La délégation manitobaine a parcouru la Côte-d’Ivoire, le Sénégal, la Tunisie, le Maroc et le Mali.

« Nous y avons rencontré des parents qui voulaient que leurs enfants viennent étudier ici. Des parents qui n’en ont pas nécessairement les moyens, mais qui feraient d’énormes sacrifices pour leurs enfants », a constaté sur place le directeur des services aux étudiants et étudiantes.

Plusieurs refus

Comme n’importe quel programme d’échange international, plusieurs personnes essuient un refus, notamment pour des raisons financières. Au total, on estime à quelque 20 000$ le coût d’une année d’études au Manitoba.

L’ambassade doit aussi s’assurer des motivations des étrangers. Certains pourraient envisager de demander un statut de résident permanent pendant leur séjour, ce qui ne plaît pas toujours au pays d’origine, précise René Dupuis.

« La majorité des étudiants préféreraient rester au pays. Dans le fond, notre rôle est de nous assurer que les étudiants réussissent bien chez nous, qu’ils soient bien, qu’ils s’adaptent. On n’a pas de contrôle sur le reste », souligne-t-il.

Dans le but de faciliter la tâche des deux parties, le CUSB songe actuellement à la création de bourses pour faciliter l’accès à certains étudiants qui n’ont pas les moyens d’y étudier.


Editeur : Association de la presse francophone


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