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Le 8 novembre 2007 Volume 12
Mireille Duguay a présenté les résultats d'une étude de la CESPM à Charlottetown, au mois de juillet 2007.
Éducation postsecondaire

Universités de l’Atlantique : l’appât du gain contribue à la baisse des effectifs

Isabelle Lantagne et Jacinthe Laforest

Les diplômés des universités des Maritimes continuent de dire que les études universitaires constituent un bon investissement. C’est ce que révèle une étude en ligne menée auprès de ces mêmes diplômés par la Commission de l’enseignement supérieur des Provinces maritimes (CESPM). Or, cela n’empêche pas les étudiants d’opter de moins en moins pour l’université, comme le démontrent d’autres statistiques publiées par la CESPM en 2007.

Comme l’illustre la CESPM dans une étude qui ne tient cependant pas compte de la langue, les inscriptions universitaires de premier cycle dans les provinces de l’Atlantique sont effectivement à la baisse depuis 2004-2005.

« Si rien n’est fait, le nombre d’étudiants inscrits pourrait chuter de 10% d’ici à 2010 », met en garde Mireille Duguay, la directrice générale de la Commission de l’enseignement supérieur des Provinces maritimes, organisme mis sur pied en 1974 afin d’aider les institutions et les gouvernements à améliorer l’éducation postsecondaire.

L’une des raisons attribuables à cette baisse d’inscriptions, explique-t-on, est que l’économie va bien. Au lieu de prolonger leurs études, les jeunes vont directement sur le marché du travail. « Les étudiants sortant du secondaire y trouvent des opportunités qui n’existaient pas il y a quelques années », dit Mireille Duguay.

D’autre part, plusieurs étudiants choisissent le collège communautaire plutôt que l’université, car les collèges offrent des programmes plus courts menant directement à l’obtention d’un emploi. De plus, au dire de Mme Duguay, les collèges communautaires sont souvent plus près de la maison et coûtent moins cher à fréquenter que l’université.

L’étude de la CESPM, dont les résultats ont été présentés à Charlottetown le 4 juillet dernier, confirme du coup que le nombre d’inscriptions aux collèges communautaires est à la hausse depuis 2004.

À ces facteurs s’ajoute la migration interprovinciale. Par exemple, en 2005 et 2006, les Maritimes ont connu le plus grand exode depuis 1981. Les jeunes privilégient deux destinations. Ou ils vont travailler en Alberta, ou ils vont étudier à Terre-Neuve-et-Labrador, particulièrement chez les anglophones, où les frais de scolarité sont légèrement moins élevés.

Terre-Neuve-et-Labrador a adopté cette stratégie en réponse aux difficultés éprouvées dans son secteur primaire. En investissant dans la formation, le gouvernement de cette province favorise la rétention des étudiants sur le marché du travail de son territoire et, par ricochet, le développement de son secteur tertiaire.

Que faire?

Cette diminution des inscriptions universitaires inquiète les institutions d’enseignement. Pour les universités, cela signifie une perte de revenus en frais de scolarité. De plus, si le nombre d’étudiants est insuffisant, certains programmes ne pourront être offerts. Enfin, le montant des subventions gouvernementales est déterminé par le nombre d’étudiants inscrits. Moins d’étudiants, moins d’aide du gouvernement.

Mireille Duguay refuse d’indiquer la marche à suivre aux universités, mais elle précise que la CESPM invite ces mêmes universités à se rencontrer afin de partager leurs stratégies pour répondre à ces changements.

Du côté de l’Université de Moncton, on est bel et bien conscient des défis qui attendent les institutions, dont celui de la démographie, mais on ne sonne pas l’alarme pour autant. L’institution se dit plutôt confiante de pouvoir relever ces défis.

« Nous devons, c’est certain, maintenir le nombre d’étudiants en développant de nouveaux marchés, comme les élèves en immersion », commente Aubrey Cormier, membre du Conseil des gouverneurs de l’Université de Moncton. M. Cormier croit d’ailleurs que la tenue du Sommet de la Francophonie à Moncton, en 1999, a contribué à faire connaître la ville et l’université. La croissance des sept dernières années du nombre d’étudiants internationaux semble lui donner raison.

Il voit aussi que l’avenir pour les institutions d’enseignement postsecondaire de l’Acadie sera plus rose si on le place sous le signe du partenariat. La Société éducative de l’Île-du-Prince-Édouard, l’Université Sainte-Anne et l’Université de Moncton auront, toujours selon Aubrey Cormier, intérêt à travailler ensemble plutôt que de continuer à se développer en silo.


Editeur : Association de la presse francophone


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