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Le 8 novembre 2007 Volume 12
Éducation postsecondaire

Tel est pris qui croyait prendre

Sophie Piché

Il est 22h un jeudi soir. J’ai un travail à remettre demain à mon deuxième cours de la journée et je n’ai rien commencé. Une belle nuit blanche en perspective! Heureusement, ma recherche est terminée, donc d’ici quelques heures, je devrais avoir terminé. Une autre solution s’offre à moi, plus rapide, qui m’épargnerait bien des soucis. Une petite recherche dans Internet, copier, coller… Si je change quelques mots ici et là, mon prof ne remarquera jamais, n’est-ce pas?

Êtes-vous l’un de ceux qui avez déjà considéré cette option? Plusieurs étudiants se retrouvent chaque année dans cette situation et, malgré le fait que beaucoup d’entre eux optent pour la première option, certains seront tentés de choisir la deuxième. Avec les nouvelles technologies dont nous disposons, une multitude de façons de plagier s’offre maintenant aux étudiants.

« Le nombre de cas de plagiat a augmenté depuis l’avènement d’Internet », affirme Geneviève Mareschal, vice-doyenne aux études de la Faculté des arts à l’Université d’Ottawa. Mais pourquoi un étudiant serait-il tenté de plagier? Plusieurs raisons expliquent un tel comportement.

« Les étudiants sont poussés à commettre le plagiat le plus souvent par manque de temps pour rédiger leurs travaux et la même raison s’applique pour ceux qui trichent à un examen ; le manque de temps pour étudier la matière », explique Mme Mareschal.

René Allen, directeur de l’École d’administration, d’hôtellerie et de tourisme à La Cité collégiale, est du même avis. « Il existe de multiples raisons au plagiat, comme le manque de temps, mais aussi la malhonnêteté, la pression de l’équipe, etc ».

Manque de temps et manque d’organisation, mais aussi charge de travail démesurée, stress des examens de fin de session, et autres raisons. Toutes ces situations pourraient pousser un étudiant à prendre le chemin le plus facile, mais le plus dangereux aussi.

Répercussions

Dans la grande majorité des cas, il faut traiter les allégations de plagiat en suivant un long et complexe processus, qui peut entraîner de graves conséquences pour les étudiants fautifs. Les sanctions pour un étudiant qui se fait prendre varient d’une institution à l’autre, mais elles ont un point en commun; elles peuvent coûter cher!

Pour l’Université du Québec à Montréal, cela peut varier d’un avertissement à une note de zéro sur le travail, et peut aller jusqu’à l’expulsion de l’université pour une période de cinq ans.

En ce qui concerne l’Université d’Ottawa, un comité d’enquête est chargé d’étudier le dossier de l’étudiant. Il recommande ensuite une sanction que doit approuver le comité exécutif de la faculté.

« En général, les sanctions attribuées vont d’un zéro pour le travail à un zéro pour le cours ainsi que l’ajout de crédits supplémentaires au programme d’études de l’étudiant. L’expulsion de l’Université (dans les cas graves seulement), doit être approuvée par un Comité du Sénat de l’Université », expose Mme Mareschal.

Afin d’éviter le plagiat, les institutions postsecondaires du Canada mettent à la disposition des étudiants de la documentation et des conseils pour les guider dans la rédaction de leurs travaux. Un étudiant qui se fait prendre à plagier aura de la difficulté à convaincre le comité de discipline qu’il ne savait pas ce qu’il faisait.

Donc avant de copier une partie d’un texte, un texte au complet, une idée ou d’acheter un travail sur le Web, il est avantageux pour un étudiant de se demander si le jeu en vaut la chandelle.


Editeur : Association de la presse francophone


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