Le 8 novembre 2007 Volume 12
Éducation postsecondaire
Pourquoi pas une carrière comme pompier professionnel?
Marie-Pier Dufresne
La Cité collégiale (LCC) d’Ottawa innove en ajoutant à sa liste de cours offerts le programme préparatoire aux Services d’incendie. Il s’agit d’un fait sans précédent pour les francophones puisqu’aucun autre établissement postsecondaire n’offre la formation en français hors Québec.
« Nous trouvons très important de donner la chance à ceux et celles qui désirent faire carrière dans le domaine des incendies d’étudier dans leur langue », affirme la directrice des services communautaires de LCC, Dominique Godbout. « Au Québec, des formations en français sont offertes, mais le diplôme n’est valide que pour pratiquer dans la province. »
« Nous avons cherché à combler un vide avec le programme, car la demande est extrêmement forte : pas moins de 75 postes sont ouverts au Service des incendies d’Ottawa chaque année. »
Le programme préparatoire de formation en Services d’incendie a accueilli sa première cuvée en septembre 2007. Ce programme d’une durée d’un an et demi, soit deux semestres de 15 semaines et un stage en milieu de travail de 210 heures durant les mois de mai et juin.
Des cours englobant plusieurs volets du métier de pompier professionnel sont offerts tout au long de la formation. Entre autres, des cours de psychologie appliquée aux services aux incendies, soins d’urgence, de sauvetage en cas de matières dangereuses, et sur les manières d’opérer sur les lieux du sinistre. De plus, le stage pratique est divisé en diverses parties. En plus de passer des heures dans une caserne, les étudiants découvrent le fonctionnement des centres de communications d’urgence (911), des salles d’urgence en milieu hospitalier et seront amenés à faire de la prévention lors d’événements communautaires.
La forme physique est importante
Mme Godbout a affirmé qu’aucun examen physique n’était requis pour l’admission au programme. Cependant, le conditionnement physique sera au cœur de la formation. D’ailleurs, une salle d’entraînement a été spécialement conçue pour les étudiants en Services d’incendie et aménagée directement dans une des salles de classe. Une trentaine d’heures seront entièrement consacrées à la mise en forme durant chacune des deux sessions.
« Il est extrêmement important d’être en pleine forme physique lorsque l’on est pompier, car il faut soulever des corps, des objets parfois très lourds, et ce, sans aucune difficulté », explique la directrice des services communautaires de LCC.
Lors de la sélection des étudiants, l’administration du collège francophone exige les cours de niveau secondaire en mathématiques, biologie et chimie. De plus, un niveau d’anglais intermédiaire est requis et chaque étudiant voulant s’inscrire adhérer au programme doit passer un test académique dont le résultat entrera en ligne de compte lors de la sélection. Bref, La Cité collégiale se base sur le dossier académique ainsi que le résultat de l’examen d’entrée.
Pour ceux ayant déjà complété un diplôme d’études postsecondaire, une note de 10% sera ajoutée à la moyenne des trois cours obligatoires.
Malgré une demande extrêmement forte, LCC a dû limiter ses places à 24 étudiants pour l’année 2007-2008 et à 30 pour les années à venir. Mme Godbout explique que la formation de pompier est très pratique et demande beaucoup de supervision, ce qui ne permet pas un grand nombre d’étudiants dans les classes.
Les frais de scolarité pour le programme d’études en Services d’incendie sont de 9 180 $ pour les trois sessions en plus de l’achat de livres et d’équipement. Cet équipement comprend un casque, des bottes spéciales et un uniforme dont les coûts s’élèvent environ à 400$.
À la fin de la formation, chaque étudiant devra passer un examen du Bureau du commissaire des incendies avant d’être admis comme pompier professionnel et ainsi pratiquer dans une caserne de pompiers ou tout autre service d’incendie à titre de pompier professionnel.
Durant les premières années en tant que pompier professionnel, le salaire se maintient aux environs de 40 000 $ par année puis, après trois ans, peut s’élever jusqu’à 60 000 $ et même davantage.
« Des pompiers, nous en aurons toujours besoin. Plusieurs entreprises ont même leur propre service d’incendie, comme l’aéroport d’Ottawa qui s’occupe seulement des incendies dans les avions », affirme Mme Godbout. « Il est certain que faire carrière dans les services d’incendie est très prometteur, car la demande est très grande. »
Le programme a été mis en marche par la directrice des services communautaires de LCC, la formation est cependant dirigée par le Bureau du commissaire des incendies de l’Ontario. Afin d’uniformiser l’enseignement donné aux futurs pompiers et de contrôler le nombre de pompiers sur le marché du travail, chaque établissement d’enseignement doit recevoir l’approbation du commissaire avant d’établir le programme.
L’investissement de La Cité collégiale est très important, car la mise en place d’un tel programme entraîne des dépenses faramineuses. Il faut aménager une salle de simulation, acheter un camion ainsi que des bombonnes d’oxygène, des masques et des uniformes spéciaux pour chacun des étudiants.
Editeur : Association de la presse francophone
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