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Le 6 mars 2006


Le conseiller municipal du quartier Beacon Hill-Cyrville, Michel Bellemare, a dû aller vérifier en personne pour croire l’erreur de traduction commise par la Ville d’Ottawa. Photo : Gracieuseté de Michel Bellemare

Des panneaux de signalisation à en perdre son français

Par : Florence Bolduc
Editeur : L'Express

«Interdiction d’être debout» sur le chemin Blair et le croissant Rebecca

«Ridicule et inacceptable», voici comment le conseiller municipal de Beacon Hill-Cyrville, Michel Bellemare décrit les nouveaux panneaux de signalisation installés à la mi-février sur le chemin Blair et le croissant Rebecca.

Les panneaux en question indiquaient aux automobilistes de ne pas stationner dans le secteur entre 23h et 7h. On pouvait y lire «No Standing - Interdiction d’être debout». «No standing est une expression américaine qui veut dire stationnement interdit ou no parking en anglais au Canada. Interdiction d’être debout veut dire No standing up», explique le conseiller qui a dû aller constater l’erreur par lui-même afin d’y croire.

«Ce matin (mardi dernier), après ma réunion du comité d’urbaniste, j’ai décidé d’aller faire un tour pour vérifier l’information que j’avais reçu. J’ai également amené mon appareil photo pour pouvoir prouver que les panneaux existaient bel et bien», confirme-t-il.

C’est une résidente habitant à l’extérieur de son quartier qui a porté l’erreur à son attention. «Elle était en visite chez une amie qui habite le croissant Rebecca et celle-ci lui a montré un panneau. Il paraît qu’une image du panneau faisait le tour des courriels sur Internet», raconte le conseiller à qui on rapporte ce genre d’erreur deux à trois fois par année.

En tout, le conseiller Bellemare a trouvé cinq panneaux portant l’inscription «Interdiction d’être debout» sur le croissant Rebecca et sur le chemin Blair. Celui-ci a également trouvé un sixième panneau portant uniquement indication «No standing» sur ce dernier chemin.

«Le trois quart des panneaux étaient installés de manière professionnelle. Uniquement un de ceux-ci semblait avoir été planté dans un banc de neige. Un résident n’aurait pas pris le temps d’aussi bien les poser», explique Michel Bellemare.

Puisque les panneaux en question ne ressemblaient pas aux panneaux du genre normalement installés par le Ville d’Ottawa, le conseiller a alors fait parvenir un courriel au sujet de ces panneaux à la Ville et à la Commission de la capitale nationale (CCN). «Je trouvais ça un peu bizarre et je ne comprenais pas pourquoi la CCN aurait installé de tels panneaux sur des chemins locaux.»

En effet, ces panneaux n’étaient pas l’oeuvre de la CCN, mais bien de la Ville qui, à la demande d’un résident du croissant Rebecca, les a installés.
Selon les informations obtenues par L’Express, l’erreur aurait été causé par un malentendu entre le demandeur de la traduction et le traducteur. Ce dernier aurait reçu un courriel n’indiquant que «No Standing» et que le tout devait être traduit. Aucun contexte n’était fourni.

Puisque le traducteur faisait souvent affaire avec le demandeur en question pour la traduction de panneaux destinés aux endroits publics tels les parcs, celui-ci a assumé qu’il s’agissait d’un panneau comme on peut en voir dans les arénas demandant de ne pas se tenir à tel endroit par mesure de sécurité et a procédé à la traduction.

Selon le conseiller municipal, ce genre d’erreur représente bien l’importance que la Ville d’Ottawa porte au bilinguisme. «Le problème, c’est que la Ville n’a pas de fierté et de respect pour les deux langues officielles. Ce genre d’erreur est inacceptable pour la capitale du Canada», conclut-il.



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