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Le 1 mai 2006


Blaise Bassolé est, selon les dires de son avocat, «l’exemple même de l’intégration professionnelle réussie». Photo : Louis-Marie Achille

Un exemple d’intégration professionnelle invité à quitter le Canada

Par : Louis-Marie Achille
Editeur : L'Express

Un professeur d’éducation physique à l’école se-condaire publique Louis-Riel à Ottawa, Blaise Bassolé, a reçu une notification du ministère de l’Immigration de sortir du Canada au plus tard le 1er juillet 2006.

La requête de l’ancien entraîneur de l’équipe nationale de volley-ball de plage du Burkina Faso en faveur d’un statut de réfugié a été rejetée par les autorités qui estiment qu’il ne remplit pas les conditions y relatives.

Une affaire d’honneur national
Blaise Bassolé a fait défection en juillet 2001 à l’occasion de la tenue des Jeux de la Francophonie au Canada. Selon ses dires, les responsables de la délégation burkinabé le tiennent responsable de la désertion de trois athlètes après les jeux et lui ont dit de se préparer à faire rapport à son retour.

L’ancien fonctionnaire et enseignant en éducation physique et sportive explique que les accusations de ce genre sont très graves dans son pays. Il poursuit que ces allégations allaient le mettre en «situation très grave non seulement avec l’administration publique, mais aussi, le fait de demander le statut de réfugié donne une portée politique au dossier et l’État ne lui fera pas de cadeau».

Blaise Bassolé soutient que ses craintes sont fondées à la suite de la parution d’un article, dans un journal local, L’Observateur, consi-dérant ceux qui sont restés au Canada comme des traîtres à la Nation. «Chez nous, ce mot est lourd de sens», confie-t-il en précisant avoir soumis le dossier aux autorités canadiennes.

Son avocat, Séverin Ndéma-Moussa, ajoute qu’avec les accusations portées contre son client, «il est déjà condamné car il est dans le domaine sportif. Un domaine dans lequel c’est vraiment la gloire et l’honneur du pays (qui sont en jeu) où le gouvernement ou le public, des gens avaient des motifs raisonnables de s’en prendre à lui».

Un immigrant responsable
Séverin Ndéma-Moussa déplore le fait que les autorités de l’Immigration n’aient pas tenu compte de ces arguments. Toutefois, celui-ci annonce une série d’actions avant l’échéance du 1er juillet «pour trouver des moyens juridiques par lesquels ce problème peut être résolu au meilleur des intérêts, à la fois de lui et du pays ».

L’avocat révèle que Blaise Bassolé, détenteur d’un permis de travail valide, a introduit une demande de sélection du Québec à titre d’immigrant qui, selon lui, est en bonne voie. Il soutient qu’un éventuel départ de son client serait une perte de temps, car il va revenir au Canada.

De plus, l’homme de loi met dans la balance le fait que Blaise Bassolé est un homme respectueux des principes, sans casier judiciaire, qui rend service à la communauté à travers les jeunes. «C’est une valeur ajoutée, (...) c’est l’exemple même de l’intégration professionnelle réussie», fait valoir Séverin Ndéma-Moussa.



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