Le 28 janvier 2005
Volume VII
Numéro 20
L’après tsunami dans nos écoles
Par : Sarah Ohana
Editeur : L'Express du Pacifique
Les équipes pédagogiques du Conseil scolaire francophone avaient craint des troubles chez les élèves comme ceux liés au 11 septembre. Malgré les images dures de la tragédie diffusées sur les chaînes, le moral des jeunes reste bon et leur envie d’aider intacte. Seule l’École Gabrielle-Roy a été directement touchée.
Malgré les images dures du tsunami à la télévision, leur impact sur les étudiants n’a pas été le même que celui du 11 septembre 2001. Plus attentives aux élèves, les équipes pédagogiques du Conseil scolaire francophone n’ont relevé aucun trouble particulier. Seule l’École Gabrielle-Roy a été directement touchée.
Un mois après la tragédie en Asie du Sud-Est, le moral de nos jeunes francophones est bon. Les dégâts du tsunami, largement couverts par les médias, ont fait craindre aux équipes pédagogiques un choc émotionnel pour les enfants. « Ma préoccupation, dès cette rentrée, a été que nos conseillers s’assurent du bien-être de tous les élèves et qu’un programme d’écoute pour les jeunes soit mis en place », a commenté Josette Desquins, la directrice des services aux élèves du Conseil scolaire francophone de la Colombie-Britannique (CSF).
Mais ces images n’ont pas été ressenties comme traumatisantes à la différence de celles de la destruction des Twin Towers de New-York.
« Lors du 11 septembre, la croyance que le monde est stable a été ébranlée et ce traumatisme s’est propagé par des images relayant ce sentiment d’insécurité. Or, dans ce cas précis, il s’agit d’une catastrophe naturelle. Aussi tragique qu’elle soit, elle n’entraîne pas ce sentiment de peur », explique Jean-Claude Bazinet, conseiller ressource en psychologie au Conseil scolaire francophone. Puis d’insister : « Je n’ai pas été contacté par rapport à des troubles ressentis par des élèves. Les réactions des enfants ont été de l’empathie et de l’altruisme envers les sinistrés. Ils se sont tout de suite sentis solidaires des enfants et voulaient les aider ».
Une implication soutenue
Quelques jours après la rentrée, les écoles se sont mobilisées, mettant leur drapeau en berne. L’établissement scolaire Robb Road, dans la Vallée de Comox, a été le premier à mettre en place des groupes de discussion entre les élèves et l’équipe pédagogique. À travers la province, les jeunes ont organisé de nombreuses levées de fond, comme à l’École Gabrielle-Roy de Surrey où les étudiants ont collecté 1435,65 $. Dernière action annoncée : fin février, des étudiantes de l’École secondaire de Kitsilano à Vancouver prévoient de donner un spectacle musical au profit de l’aide humanitaire.
« Nous avons préféré que les collectes se fassent au niveau des écoles elles-mêmes plutôt qu’au niveau du Conseil scolaire afin que les jeunes s’impliquent », précise Josette Desquins.
Seule l’École Gabrielle-Roy a été touchée directement par la tragédie. Une de ses enseignantes était présente lors du tsunami. Choquée, elle n’a pas repris son poste depuis. « Nous avons décidé d’expliquer la situation aux élèves sans l’aggraver, nous confie Yolande Lamtron, conseillère en milieu scolaire. Périodiquement, la remplaçante appelle l’enseignante pour qu’elle se sente toujours présente dans
l’école. Les enfants lui ont écrit une carte et un parent a même eu l’idée de filmer des messages de soutien pour lui dire que toute sa classe l’attend. » ¡
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