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Le 21 novembre 2005
Volume VIII Numéro 28

Billet d’humeur

Par : Cécile Lepage
Editeur : L'Express du Pacifique

La logique économique qui guide les fluctuations des prix d’un billet d’avion nous échappe souvent. Cécile Lepage fait la lumière sur cette stratégie des compagnies aériennes et sur les multiples frais cachés qui gonflent le total du prix d’un billet.

Rien de plus fluctuant que le prix d’un billet d’avion ! Vous pouvez voler à l’autre bout du monde pour une bouchée de pain mais payer une fortune pour vous rendre dans la province voisine. Voici quelques pistes pour comprendre les règles mystérieuses qui régissent ces calculs déconcertants.

Las de l’humidité automnale, vous caressez l’idée d’une escapade… Mettons… à Montréal ! Vous vous connectez à l’un des innombrables sites Internet consacrés à la vente de billets d’avion et voilà ce que l’on vous propose : du 18 au 20 novembre, l’aller-retour Vancouver – Montréal sur Air Canada est à 590 $ tandis que sur Westjet, il est à 689 $. Refroidi, vous vous donnez quelques jours de réflexion. Trois jours de pluie plus tard, vous êtes bien décidé à vous offrir le luxe d’une échappée belle… Mais stupeur ! Le prix du vol sur Air Canada est passé à 731 $ et celui sur WestJet à 702 $ ! Dépité, vous remettez votre excursion aux calendes grecques…

Tous les consommateurs en conviendront : le système de prix des billets d’avion est opaque et déroutant. Il se base sur un savant mélange d’algorithmes, d’expérience et de réactivité au marché mis en place dans les années 70 et 80, suite à la déréglementation du secteur. Les compagnies enregistrent leurs vols et leurs tarifs dans quatre systèmes de réservation : Sabre, Apollo, WorldSpan et Galileo. Elles font ensuite évoluer les prix en fonction de la demande. Si les places pour un certain vol s’écoulent bien, les prix augmentent. Si les passagers se font rares, les prix baissent, jusqu’à ce que les ventes reprennent. De ce fait, les tarifs changent constamment.

Par ailleurs, les vols ne sont pas divisés en trois fourchettes de prix, comme le nombre de classes (économique, première et affaires) mais en une dizaine. Quand elles sont mises en vente, les places aux tarifs les plus intéressants sont, bien entendu, les premières à partir. En revanche, les voyageurs en classe affaires, qui réservent souvent à la dernière minute, paient le prix fort.

Repas gratuits coupés

Cependant, dans le montant d’un billet d’avion figurent des impondérables : les fameuses taxes… Quand on lui en demande le détail, Hélène Guy, de Light Travel Group, une agence de voyages de Kelowna, s’exclame : « Ah ! Mon doux Seigneur ! Il y en a un paquet ! Il y a la Nav Canada, qui englobe les frais que les transporteurs paient pour les rapports météorologiques et la circulation aérienne, la taxe de sécurité imposée après le 11 septembre et les taxes d’aéroport pour la simple utilisation du local ou sa rénovation… À cela s’ajoute la TPS de 7 %, bien entendu, et des taxes spécifiques aux provinces comme la TVQ au Québec ou l’harmonisation pour le gouvernement fédéral dans les Maritimes… »

Il n’existe pas de règle quant à la part que prennent ces taxes dans le coût total d’un billet. La taxe de navigation est d’environ de 15 $ par trajet, la taxe aéroportuaire, elle, varie. À Vancouver, elle était autrefois de 2 $, somme collectée auprès des voyageurs directement, mais elle est désormais incluse dans le prix des billets et peut atteindre 12 $ selon la compagnie. De même, la taxe de sécurité varie énormément selon qu’’il s’agit d’un vol domestique ou international.

« Pour les États-Unis, il peut y avoir entre 100 et 200 dollars de taxes », confirme Mme Guy.
Quant à la qualité du service, elle ne semble pas peser lourd dans les prix proposés. Tout simplement parce que peu importe le prix que vous avez payé pour un siège en classe économique, qui peut aller du simple au double, vous recevrez le même accueil à bord ! « Air Canada a coupé les repas gratuits pour économiser des sous et s’aligner sur WestJet. Mais les prix ne vont pas baisser pour autant, précise Hélène Guy. De toute façon, les services diminuent chez tous les transporteurs… »

Alors, quelques conseils pour ne pas vous laisser plumer : commencez vos recherches le plus tôt possible, au moins un mois à l’avance et restez flexibles sur vos jours de départ et d’arrivée (les vols en semaine sont toujours plus abordables). Et, si vous aimez le risque, continuez à chercher – il se peut qu’un tarif plus intéressant surgisse de façon imprévisible !



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