Le 19 décembre 2005
Volume VIII
Numéro 32
L’art libre de Stéphanie Gauvain
Par : Raphaël Perdriau
Editeur : L'Express du Pacifique
Stéphanie Gauvin de Rossland est mordue de descente libre, un sport dont elle parle avec beaucoup d’enthousiasme et de poésie. Raphaël Perdriau a rencontré cette skieuse qui se double d’une artiste.
Stéphanie Gauvin était un oiseau dans une vie antérieure. « En montagne, je vole, raconte cette skieuse de Rossland adepte du hors-piste. Quand j’ai des rêves, je suis un oiseau. Et quand je skie dans la poudreuse, je suis comme dans ces rêves : je peux aller très vite, c’est comme flotter dans un nuage. »
En janvier dernier, Stéphanie s’est placée deuxième lors du Molson Ski Free Challenge, une compétition tenue chaque année à Red Mountain dans les Kootenays et rassemblant les meilleurs athlètes internationaux de descente libre. Une discipline qu’elle pratique de décembre à mars, plusieurs fois par semaine. Originaire du Québec, cette mère de deux enfants est venue vivre ici ce qu’elle appelle « la vie de skieur ».
« C’est une vie de simplicité volontaire, explique-t-elle. Les priorités sont plutôt de rester en forme, d’aller jouer dehors, de garder en nous la passion de notre sport, avant les choses matérielles. »
Stéphanie dit « nous » parce qu’elle skie rarement seule. Elle a trouvé à Rossland une communauté d’esprit soudée. « C’est une belle communauté, souligne la jeune femme. La plupart des gens ici ont une famille. Nous avons pour la plupart la même passion d’une vie simple où nous pouvons aller skier et élever nos enfants en leur transmettant cette passion. Quand on veut partir en montagne, on peut s’échanger entre nous la garde de nos enfants ! »
Un engagement communautaire qui a d’ailleurs permis aux familles de Rossland, dont plusieurs sont francophones, d’avoir leur école en français. Celle-ci a ouvert en septembre 2004 et compte près de vingt élèves. « Je suis secrétaire de l’Association de parents », indique avec fierté Stéphanie Gauvin.
Peintures d’hiver
Et quand elle n’est pas occupée à skier ou à élever ses enfants, la jeune femme se consacre à son autre vocation : la peinture. Après avoir étudié les arts graphiques au Collège Sheraton, Stéphanie a habité pendant quatre ans à Whistler et y a réalisé plusieurs fresques murales et d’intérieur. L’artiste vit depuis 1993 à Rossland, où les paysages alpins sont pour elle une source constante d’inspiration. Sa nouvelle exposition au Dancing Bear Inn de Nelson rassemble une série d’œuvres sur l’expérience de la montagne en hiver. L’une d’entre elles, Snow Ghosts, recrée sur la toile la magie de n’entendre pour seul bruit que le vent dans cet univers de glace.
« Nous allons en montagne là où il n’y pas de remontées mécaniques. Nous grimpons à peau de phoques. Quand nous arrivons au sommet de la montagne, il y a souvent des arbres couverts de neige et qui commencent à se courber sous le poids de celle-ci. Ces arbres me font penser à des snow ghosts », détaille-t-elle.
Stéphanie raconte que la notion de « fantômes des neiges » lui est venue de Locomotion, un film de Christian Begin dans lequel elle a tourné et prêté ses talents d’athlète. L’histoire relate la construction du chemin de fer transcanadien entre Banff et Invermere et comment, dans cette région montagneuse, cette construction entraînait parfois des avalanches, causant la mort de plusieurs hommes. Le réalisateur a alors joué avec l’idée que l’esprit de ces ouvriers est encore dans les montagnes, caché dans les arbres…
Voilà qui promet une exposition envoûtante !
Stéphanie Gauvin expose de manière permanente à la Firehall Art Gallery de Rossland (www.firehallgallery.com) et pendant tout le mois de janvier au Dancing Bear Inn à Nelson ( www.dancingbearinn.com).
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