Le 1 mars 2002
Julie Cayouette : une femme de toutes pièces
Par : Nathalie Deschênes
Editeur : Place aux femmes
On entend souvent dire que la mécanique, c’est une affaire d’homme. Pour Julie Cayouette, ce n’est pas le cas. Elle est directrice aux pièces de machineries lourdes depuis presque deux ans. Il faut dire que la jeune femme de 31 ans occupe deux métiers en même temps : elle travaille dans un environnement masculin tous les jours, en plus d’être maman à temps plein.
« Je suis entrée dans cette industrie tout à fait par hasard. Je ne connaissais rien aux pièces de machinerie, mais j’étais bilingue et c’est ce qu’il leur fallait », explique Julie Cayouette, tout à fait sûr d’elle.
En 1990, Julie apprend qu’elle est enceinte. Elle n’a que vingt ans et elle est étudiante à l’Université Laval en Consommation. L’économie était alors en récession et il était difficile de se trouver un emploi. Elle retourne chez-elle, à Labrador City. En juillet 1991, elle est secrétaire-comptable mais Julie désirait améliorer son sort.
Elle change de milieu pour entrer au service de Wajax Industries en 1993. Elle apprend ainsi ce qui deviendra son nouveau métier. Elle effectue alors le traitement des commandes et des garanties pour les entreprises minières du Labrador. Bien vite, elle se fait connaître dans le milieu des pièces de machineries lourdes.
De fil en aiguille, possédant un grand dynamisme et étant surtout bilingue, Hickman Equipment lui offre le poste de directrice aux pièces. Responsable de la succursale de trois employés, elle doit entre autres maintenir l’inventaire des équipements, s’occuper du support de service et faire le suivi des garanties.
Son poste l’amène à planifier l’entretien et les réparations de l’équipement de ses clients pour tenter d’améliorer leur performance. « C’est ça qui est intéressant. On regarde travailler la machine et on peut prévoir quelle pièce sera désuète et à quel moment ».
Travailler dans un monde d’homme
« Être la seule femme dans un environnement masculin, j’aime ça », affirme Julie. Elle sent que, puisqu’elle est une femme, ses confrères de travail lui donnent plus de chances qu’ils en donneraient aux hommes. « Les gars sont polis avec moi et ils ont une attitude protectrice », ajoute-t-elle.
Aujourd’hui, Julie Cayouette travaille en collaboration avec ses clients. « J’aime beaucoup travailler avec le personnel minier. Avec le temps, la relation professionnelle devient personnelle » dit-elle. C’est le côté social qu’elle apprécie le plus.
Mais il y a tout de même des tâches qu’elle aime moins. « Gérer les garanties et balancer la petite caisse, c’est ma mort ! Mais, il faut que ça se fasse ! » Elle a une vision très positive et professionnelle de son travail.
Directrice et maman 24h/24
Julie est sur appel en tout temps. « Lorsqu’une machine est arrêtée pendant une heure dans une mine, ça coûte des milliers de dollars. C’est pour cela que je dois être disponible et prête à réagir ». Julie nous a même confié qu’un de ses clients l’a appelé le jour de l’An.
Elle compte sur sa famille et sur une gardienne fiable pour prendre soin de son fils Adam, qui aura 11 ans dans deux mois. « J’ai vraiment été chanceuse d’être aussi bien entourée et de trouver une gardienne aussi extraordinaire. Je ne sais pas comment j’aurais pu y arriver sans eux », ajoute-t-elle.
Mère monoparentale, elle s’assure de procurer un environnement social et beaucoup de temps à son fils. « Après le travail, c’est mon fils. Je considère que c’est important. Je crois que c’est mon père qui m’a appris cela ».
Dans ses temps libres, elle rénove sa maison et deux fois par semaine, elle assiste aux cours de karaté d’Adam. Lorsque c’est la saison, elle ne manque pas une partie des finales de hockey. C’est peut-être son petit côté masculin !
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